Critique Usual Suspects : savez-vous vraiment qui est Keyser Söze ?

Critique Usual Suspects : savez-vous vraiment qui est Keyser Söze ?

⚡ En bref

Usual Suspects reste pour moi l’un des meilleurs thrillers jamais réalisés. Un casting phénoménal, un Kevin Spacey magistral en Verbal Kint et surtout un scénario de Christopher McQuarrie qui joue constamment avec ce qu’on voit, ce qu’on entend et ce qu’on choisit de croire. Plus de trente ans après sa sortie, sa mécanique fonctionne toujours aussi bien. 5/5. non négociable. Et non, je ne vous dirai pas qui est Keyser Söze.

Salut les Geekz ! J’espère que vous allez bien ? Aujourd’hui, j’ai un problème assez simple : comment parler d’un film dont une bonne partie du plaisir repose justement sur le fait de ne pas savoir où il veut vous emmener ? Parce qu’il y a des films qu’on peut décortiquer pendant trois kilomètres, raconter les scènes qui nous ont marqués, expliquer pourquoi tel retournement fonctionne…

Et puis il y a Usual Suspects.

Un film pour lequel la meilleure chose que je puisse faire si vous ne l’avez jamais vu, c’est probablement de fermer ma grande bouche sur une partie du scénario. Alors avant toute chose, j’ai une question pour vous : savez-vous qui est Keyser Söze ?

Usual Suspects : cinq criminels et beaucoup trop de questions

L’histoire démarre autour d’une affaire qui va conduire cinq criminels à se retrouver ensemble : Dean Keaton, Michael McManus, Fred Fenster, Todd Hockney et Roger « Verbal » Kint. Leur association va progressivement les entraîner vers le port de San Pedro, un bateau, une explosion et surtout un nom qui plane au-dessus de toute l’histoire.

Keyser Söze.

Un criminel dont la réputation est tellement énorme qu’il finit presque par devenir une légende. Existe-t-il réellement ? Est-il simplement une histoire destinée à foutre la trouille aux criminels ? Qui tire véritablement les ficelles ?

À partir de là, je ne vous raconte pratiquement plus rien. Démerdez-vous. Regardez le film. Vous me remercierez après.

Critique Usual Suspects - Kevin Spacey dans le rôle de Verbal Kint pendant l'interrogatoire
Verbal Kint : un interrogatoire au centre de la mécanique d’Usual Suspects.

Kevin Spacey est magistral en Verbal Kint

Il est impossible de parler d’Usual Suspects sans parler de Kevin Spacey. Son Verbal Kint est absolument magistral : physiquement diminué, apparemment beaucoup moins dangereux que les criminels qui l’entourent, et dont la principale arme semble finalement être sa capacité à raconter ce qui s’est passé.

Une grande partie du film repose sur son interrogatoire et pourtant, je pourrais l’écouter parler pendant des heures. Un regard. Une hésitation. Une petite variation dans la voix. Un détail ajouté au récit. Rien ne paraît énorme pris séparément, mais tout participe à construire Verbal.

Et c’est là qu’Usual Suspects possède un avantage assez formidable : le revoir est presque aussi intéressant que le découvrir. La première fois, on écoute l’histoire. Les suivantes, on observe la manière dont elle nous est racontée.

Mais regardez-moi ce casting

Et autour de lui, ça ne plaisante absolument pas. Gabriel Byrne possède une présence monstrueuse en Dean Keaton. Stephen Baldwin apporte toute l’agressivité de McManus, Kevin Pollak fonctionne parfaitement en Hockney et Benicio del Toro transforme Fenster en personnage immédiatement reconnaissable.

Et derrière eux ? Chazz Palminteri dans le rôle de Dave Kujan et Pete Postlethwaite dans celui de Kobayashi.

Sérieusement. Regardez-moi ce casting.

Le plus beau, c’est que personne ne semble attendre son tour pour réciter son texte. Les cinq suspects forment un groupe crédible parce que leurs personnalités s’entrechoquent constamment. Il y a de la méfiance, de l’ego, de la peur, des rapports de force et cette impression permanente que chacun pourrait parfaitement essayer d’entuber les quatre autres.

Le scénario d’Usual Suspects est une petite saloperie de précision

Ce qui fait passer Usual Suspects du très bon thriller au film exceptionnel, c’est évidemment son scénario. Christopher McQuarrie construit toute son histoire autour de ce qu’on nous raconte, de ce qu’on nous montre et surtout de ce que nous décidons de croire.

Et c’est là que le film devient délicieusement vicieux.

On ne se contente jamais de regarder une enquête : on enquête avec elle. Qui ment ? Qui dit la vérité ? Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Qui manipule qui ? Et toujours cette même question qui revient comme une démangeaison impossible à gratter : qui est Keyser Söze ?

Chaque nouvelle information semble apporter une réponse avant de faire apparaître deux nouvelles questions. Pourtant, le film ne donne jamais l’impression de devenir foutraque pour le plaisir. Tout s’emboîte avec une fluidité remarquable.

Une mise en scène qui sait exactement où vous regardez

La réalisation accompagne parfaitement cette construction. Le film navigue entre l’interrogatoire de Verbal et les événements qu’il raconte sans nous perdre. La caméra sait quoi montrer, le montage sait quand revenir dans la salle et, surtout, le film sait parfaitement où diriger notre attention.

C’est fondamental : Usual Suspects ne cherche pas simplement à raconter une histoire. Il joue avec notre manière de la regarder.

Au premier visionnage, on cherche les réponses. Au deuxième, on cherche tout ce qu’on n’avait pas remarqué. Puis on commence à se demander comment le bretzel de merle a réussi à nous faire regarder exactement là où il voulait.

Un thriller qui n’a pas besoin de courir partout

Ce que j’aime aussi énormément dans Usual Suspects, c’est son rythme. Pas besoin d’exploser une bagnole toutes les quatre minutes ou de coller une poursuite au milieu du film pour empêcher le spectateur de regarder son téléphone.

Le scénario suffit.

Une bonne partie de la tension vient des dialogues, des personnages et de cette menace invisible qui plane au-dessus de toute l’histoire. Keyser Söze n’a même pas besoin d’occuper constamment l’écran. Son nom suffit.

Pourquoi Usual Suspects fonctionne toujours plus de 30 ans après

Parce qu’un excellent scénario ne devient pas subitement mauvais lorsqu’il prend quelques rides. Le cinéma a évidemment évolué depuis 1995, mais la mécanique narrative d’Usual Suspects reste redoutable. Elle ne dépend ni d’effets visuels spectaculaires ni d’une technologie qui aurait mal vieilli.

Elle dépend de personnages, d’acteurs, de dialogues, de mise en scène, de montage et de notre capacité à nous laisser embarquer. Et sur tous ces points, le film continue de mettre une sacrée patate de forain.

Où regarder Usual Suspects en streaming en France ?

Au moment de cette mise à jour, Usual Suspects est disponible en France par abonnement via SFR Play et France TV Amazon Channel. Le film peut également être loué ou acheté sur plusieurs services de VOD, notamment Canal VOD, Amazon Video, Apple TV Store, Rakuten TV et Pathé Home.

Les catalogues changent régulièrement, donc pensez à vérifier la disponibilité au moment où vous lirez cette critique d’Usual Suspects.


FAQ – Usual Suspects

De quoi parle Usual Suspects ?

Le thriller suit notamment le récit de Roger « Verbal » Kint après une affaire qui s’achève dans le port de San Pedro. Il raconte comment cinq criminels se sont retrouvés embarqués dans une histoire dominée par l’ombre du mystérieux Keyser Söze.

Qui a écrit Usual Suspects ?

Le scénario d’Usual Suspects est signé Christopher McQuarrie.

Qui joue Verbal Kint dans Usual Suspects ?

Kevin Spacey interprète Roger « Verbal » Kint.

Qui est Keyser Söze ?

Ah. Bien essayé. Regardez le film.

Usual Suspects vaut-il encore le coup aujourd’hui ?

Pour moi, complètement. Ses principales forces restent son scénario, son casting, ses personnages et sa construction narrative. Rien de tout ça n’a besoin d’effets spéciaux dernier cri pour fonctionner, et c’est précisément pour ça que le film conserve autant de force plus de trente ans après sa sortie.


Verdict : 5/5 – savez-vous qui est Keyser Söze ?

Usual Suspects fait partie de ces films que j’aimerais pouvoir oublier juste pour avoir la chance de les découvrir une deuxième fois. Le casting est phénoménal. Kevin Spacey est magistral. Le scénario de Christopher McQuarrie est génial et sa construction est accompagnée par une mise en scène et un montage qui savent parfaitement manipuler notre attention.

Pour moi, c’est tout simplement l’un des meilleurs thrillers au monde.

Pas besoin d’en faire trois kilomètres de plus. 5/5. Implacable comme Keyser Söze.

Ma note5 / 5

Et maintenant, une dernière question avant de vous laisser : savez-vous qui est Keyser Söze ? Si vous connaissez la réponse, soyez sympas avec ceux qui découvrent le film : pas de spoiler dans les commentaires ! Pour le reste, dites-moi si vous le placez vous aussi parmi les grands thrillers du cinéma.

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