Uwe Boll : Le « Vaccineur » du Cinéma de Jeu Vidéo
Salut les Geekz, j’espère que vous allez bien? Après vous avoir parlé du retour inéluctable du piratage, et j’ai repensé à un réalisateur oublié – peut être à raison – et je me disais qu’il fallait que je vous en parle.
Alors mesdames, messieurs et vous qui avez encore des cauchemars impliquant des zombies en CGI qui rament, parlons d’un homme. Un vrai. Un homme capable de défier ses détracteurs sur un ring de boxe et de transformer un budget de plusieurs millions en un résultat qui ressemble à un épisode de série B tourné sous acide. Je parle évidemment du célèbre Uwe Boll.
Avant de sortir vos fourches et de me rappeler le traumatisme Alone in the Dark, posez ce clavier. Et si Uwe Boll était, en réalité, le héros sacrificiel dont l’industrie avait besoin pour enfin se sortir les doigts et produire de la qualité ?
Le Docteur Boll et la Formule Magique Allemande
Pour comprendre Uwe Boll, il faut comprendre le business. Pendant des années, le bougre a exploité une faille dans les niches fiscales allemandes qui permettait de déduire les pertes cinématographiques de ses impôts. En gros : plus le film bidait, plus c’était rentable. C’est ainsi qu’il est devenu le seul réalisateur au monde à avoir fait de l’échec une science exacte. Uwe Boll ne réalisait pas des films, il optimisait des tableurs Excel avec des perruques mal ajustées.
« Il a transformé le nanar en un produit financier de haute voltige, défiant toute logique artistique pour le plus grand bonheur de son banquier. »
Un palmarès qui force l’incrédulité
La filmographie de Uwe Boll se lit comme une liste de courses dans un magasin de déstockage. On se souvient de House of the Dead, où il insérait littéralement des extraits du jeu vidéo entre deux scènes pour nous rappeler qu’on ferait mieux d’y jouer plutôt que de regarder son œuvre. Il y a aussi eu BloodRayne, où il a réussi l’exploit de convaincre Ben Kingsley de porter une moumoute improbable. Quant à Far Cry, il a transformé une île paradisiaque en un décor qui rappelle tristement un parking de supermarché un dimanche de pluie.
Seul Postal semble presque « bon », sans doute parce que le matériel d’origine est aussi débile et chaotique que la mise en scène habituelle du réalisateur. C’est là qu’on a compris que le chaos était l’élément naturel de Uwe Boll.
Pourquoi on doit finalement dire merci à Uwe Boll
C’est ici que ma théorie devient intéressante. Uwe Boll a été une sorte de vaccination cinématographique. En nous injectant des doses massives de nullité pendant quinze ans, il a forcé les studios et les éditeurs de jeux à se poser une question fondamentale : est-ce qu’on peut arrêter de confier nos licences à n’importe quel type qui possède une caméra et un accent allemand ?
Sans les massacres à la tronçonneuse de Uwe Boll, aurions-nous eu l’exigence de qualité actuelle ? Si The Last of Us nous fait pleurer aujourd’hui, c’est parce que Alone in the Dark nous a fait saigner des yeux hier. Si Arcane est un chef-d’œuvre, c’est parce que le spectre d’Uwe rôde toujours, prêt à revenir si on baisse la garde. Il a été le paratonnerre de la honte pour que les réalisateurs sérieux comprennent enfin qu’une adaptation de jeu vidéo demande du respect et du talent.
Conclusion : De la caméra aux fourneaux
Aujourd’hui, Uwe Boll a pris sa retraite cinématographique pour ouvrir un restaurant à Vancouver. Les critiques sont étonnamment bonnes, prouvant qu’on ne rate pas une cuisson comme on rate un montage de Dungeon Siege. Alors, trinquons à ce cher Uwe. L’homme qui a prouvé que pour atteindre les étoiles, il fallait d’abord accepter de ramper dans la fange d’une adaptation ratée avec Jason Statham.
Merci pour le sacrifice, Docteur. On ne t’oublie pas, surtout parce qu’on a encore un peu mal au crâne.
Filmographie officielle (Réalisation)
- German Fried Movie (1991)
- Barschel – Mord in Genf (1993)
- Amoklauf (1994)
- Das erste Semester (1997)
- Sanctimony (2000)
- Blackwoods (2001)
- Heart of America (2002)
- House of the Dead (2003)
- Alone in the Dark (2005)
- BloodRayne (2005)
- King Rising, au nom du roi (2007)
- BloodRayne 2: Deliverance (2007)
- Postal (2007)
- Seed (2007)
- The Last Squad / Tunnel Rats (2008)
- Far Cry (2008)
- Stoic (2009)
- Rampage (2009)
- Darfur (2009)
- The Final Storm (2010)
- Max Schmeling (2010)
- Auschwitz (2011)
- Blubberella (2011)
- Blood Reich / BloodRayne: The Third Reich (2011)
- King Rising 2 : Les Deux Mondes (2011)
- Assaut sur Wall Street (2013)
- Suddenly (2013)
- King Rising 3 (2014)
- Rampage 2 : Capital Punishment (2014)
- Rampage 3 : No Mercy (2016)
- Hanau (2021)
- First Shift (2024)





