Salut les Geekz ! J’espère que vous allez bien ? Aujourd’hui, on ressort du placard un film qui m’a marqué au fer rouge, le genre de truc qui te fait regretter d’avoir un jour levé les yeux vers les étoiles en te disant que l’astronomie, finalement, ça avait l’air plutôt reposant.
On va parler d’Event Horizon.
Et celui-là, je l’ai revu un paquet de fois. J’ai bouffé suffisamment de science-fiction et d’horreur, du gros blockbuster au nanar fauché qui sent le budget sandwich triangle, pour savoir qu’un film n’a pas besoin d’être parfait pour te rester collé au cerveau. Event Horizon en est probablement l’un de mes meilleurs exemples.
Un vaisseau disparu qui revient après sept ans. Un équipage envoyé pour comprendre ce qui s’est passé. Sam Neill. Laurence Fishburne. Une technologie capable de plier l’espace-temps. Et cette merveilleuse idée qu’en prenant un raccourci à travers l’univers, l’humanité aurait peut-être ouvert une porte qu’elle aurait dû laisser fermée.
Ah. Et cette phrase : « Où nous allons, nous n’avons pas besoin d’yeux pour voir. »
Voilà. Bonne nuit.
Event Horizon : une cathédrale gothique dans le vide
Ce qui me terrasse encore quand je relance Event Horizon, c’est son atmosphère. On n’est pas dans un vaisseau propre et rassurant où quelqu’un va venir nous servir un Earl Grey pendant que l’ordinateur de bord nous explique calmement le problème.
Non.
L’Event Horizon ressemble à une foutue cathédrale de métal qu’on aurait envoyée dans l’espace avec la très mauvaise idée de lui greffer un moteur expérimental. Les couloirs sont immenses, sombres, industriels. Les portes ressemblent parfois davantage à celles d’une crypte qu’à celles d’un laboratoire. Et le cœur du vaisseau, avec son moteur gravitationnel entouré de structures métalliques et de pointes, n’a absolument rien d’accueillant.
Paul W.S. Anderson assumait d’ailleurs cette rencontre entre deux genres : le film de maison hantée et le film spatial. Il a notamment cité The Haunting, Shining, 2001 : l’Odyssée de l’espace et Alien parmi les références montrées à l’équipe pendant la préparation.
Et ça se voit. L’Event Horizon n’est pas simplement le lieu où se déroule l’histoire. Le vaisseau devient progressivement un personnage. Il observe, il attend, il connaît les failles de ceux qui montent à bord. Et il a manifestement décidé que les normes de sécurité interdimensionnelles, c’était pour les faibles.

Le pitch tient sur un post-it, et c’est très bien
En 2047, le vaisseau de sauvetage Lewis and Clark est envoyé près de Neptune après la réapparition de l’Event Horizon, disparu sept ans plus tôt. À son bord se trouve notamment le Dr William Weir, concepteur du vaisseau et de son moteur gravitationnel.
Le principe de ce moteur ? Créer artificiellement un trou noir, plier l’espace et permettre au vaisseau de franchir des distances gigantesques.
Sur le papier : formidable.
Dans Event Horizon : idée de merle.
Parce que le vaisseau n’a visiblement pas simplement traversé l’espace. Il est allé ailleurs. Et ce qu’il a ramené avec lui n’a pas exactement envie de remplir un questionnaire de satisfaction.
C’est cette idée toute simple qui me plaît toujours autant : prendre une technologie de science-fiction relativement crédible dans son vocabulaire, puis basculer progressivement vers quelque chose que la science ne peut plus expliquer. On commence avec des ingénieurs, des militaires et des protocoles. On termine en se demandant s’il ne faudrait pas appeler un prêtre.
Sam Neill : d’Alan Grant au cauchemar ambulant
Et forcément, il faut parler de Sam Neill.
Quand on a grandi avec Jurassic Park, il y a quelque chose de délicieusement malsain à voir le rassurant Alan Grant devenir William Weir. Au début, Weir est le scientifique attaché à son vaisseau, celui qui connaît la machine mieux que tout le monde. Puis les murs commencent à lui parler, ses propres blessures remontent à la surface et Sam Neill peut enfin ouvrir la boîte à outils « cauchemar absolu ».
Il est excellent.
Face à lui, Laurence Fishburne campe Miller, capitaine du Lewis and Clark. Et j’aime beaucoup leur opposition : Weir veut comprendre et récupérer son vaisseau, Miller veut protéger son équipage. Quand la situation commence sérieusement à sentir la pétoule, Miller adopte d’ailleurs une philosophie que beaucoup de personnages de films d’horreur devraient étudier : quand un endroit est manifestement possédé par une horreur interdimensionnelle, on arrête de discuter et on se barre.
Autour d’eux, Kathleen Quinlan, Joely Richardson, Richard T. Jones, Jack Noseworthy, Jason Isaacs et Sean Pertwee donnent suffisamment de personnalité à l’équipage pour que le vaisseau ait quelque chose à détruire autrement que de simples figurants numérotés.

Oui, certains effets ont vieilli. Et alors ?
On ne va pas se raconter de bretzels : certains effets numériques de 1997 accusent leur âge. Quelques plans spatiaux et incrustations ne trompent plus grand monde sur un écran moderne.
Mais dès que la caméra revient dans les décors physiques de l’Event Horizon, je m’en fous complètement.
Le machin ressemble toujours à une cathédrale gothique qui aurait décidé de faire un enfant avec un vaisseau spatial. Et manifestement, personne n’a pensé à appeler un exorciste avant le décollage.
Les décors, les éclairages et surtout le sound design font encore une énorme partie du boulot. Ça grince, ça vibre, ça résonne. Le vide spatial devrait être silencieux, mais l’intérieur du vaisseau donne constamment l’impression que quelque chose respire derrière les murs.
Technique → sensation → résultat : certains pixels ont pris des rides, l’ambiance, elle, n’a pratiquement pas bougé.
Le fameux montage perdu d’Event Horizon
Et là, l’histoire derrière le film devient presque aussi fascinante que le film lui-même.
Event Horizon n’a justement pas bénéficié d’une post-production tranquille avec carte blanche. Le retard de Titanic avait laissé un trou dans le calendrier de Paramount, et le studio voulait le film pour l’été 1997. Paul W.S. Anderson s’est retrouvé avec une fenêtre de montage extrêmement courte : il a expliqué avoir assemblé la première version en quelques semaines seulement.
Cette première mouture tournait autour de deux heures et contenait davantage de développement des personnages, mais aussi beaucoup plus de gore. Lors des projections, Paramount et une partie du public test ont très mal réagi à certaines images. Le studio a demandé de raccourcir sérieusement le film et de calmer les visions infernales.
Voilà pourquoi les quelques secondes montrant l’ancien équipage de l’Event Horizon sont aussi brutales : ce qu’on voit dans le film n’est qu’une fraction de ce qui avait été tourné.
Et évidemment, pendant des années, les fans ont rêvé d’un director’s cut restaurant tout ce matériel.
Sauf que là, ça sent le sapin.
Une partie des éléments coupés a été mal conservée et les recherches menées plus tard n’ont pas permis de retrouver de quoi reconstruire proprement cette version. Anderson a expliqué avoir vu certains fragments en qualité VHS, mais rien qui permette simplement de réintégrer trente minutes propres au film. Il a même estimé qu’une véritable reconstruction demanderait désormais quelque chose d’une ampleur comparable au travail réalisé pour le Snyder Cut.
Le plus intéressant, c’est qu’avec le recul Anderson ne réclame même pas forcément davantage de gore : il aurait surtout aimé disposer de plus de temps pour installer la tension et les personnages.
Et là, je le rejoins. Parce que mon principal regret avec Event Horizon, c’est justement qu’il aurait parfois mérité de prendre davantage son temps avant de nous envoyer en enfer.
Le film s’est planté avant de devenir culte
Autre petit plaisir de l’histoire : Event Horizon n’a pas été accueilli comme un monument de la SF horrifique en 1997. Avec un budget estimé autour de 60 millions de dollars, il n’en a rapporté qu’environ 42 millions dans le monde et les critiques de l’époque n’ont pas franchement sorti le champagne.
Puis les années ont passé.
La vidéo, le DVD, les redécouvertes et le bouche-à-oreille ont progressivement donné au film une seconde vie. Aujourd’hui, parler d’Event Horizon avec des amateurs d’horreur ou de science-fiction provoque généralement beaucoup plus de sourires que son box-office de 1997 ne pourrait le laisser penser.
Et je comprends parfaitement pourquoi. Il a des défauts, mais il possède surtout une identité immédiatement reconnaissable. Montre-moi quelques secondes du moteur gravitationnel ou l’un de ses couloirs et je sais immédiatement quel film je regarde.
Combien de productions peuvent encore en dire autant presque trente ans après ?
Pourquoi Event Horizon fonctionne toujours
Parce qu’il ne repose pas uniquement sur ses effets spéciaux. Son idée centrale fonctionne toujours. Ses décors fonctionnent toujours. Sam Neill et Laurence Fishburne fonctionnent toujours. Et surtout, cette rencontre entre SF et horreur surnaturelle reste suffisamment étrange pour ne pas ressembler à un simple clone d’Alien.
Je pourrais lui reprocher un dernier acte plus conventionnel, certains personnages qui auraient mérité davantage de développement ou quelques effets numériques qui piquent désormais un peu les yeux. C’est précisément pour ça que je reste à 4/5 plutôt que de lui coller la note maximale sous prétexte que j’adore le film.
Mais dès que l’Event Horizon réapparaît à l’écran, que les lumières baissent et que ce foutu moteur commence à tourner, je suis toujours dedans.
Où regarder Event Horizon en France ?
\n\n
Au moment de cette mise à jour, Event Horizon est disponible en streaming par abonnement sur Paramount+ et via Paramount+ Amazon Channel. Le film est également disponible à la location ou à l’achat sur Canal VOD, Amazon Video et Apple TV Store. Les catalogues pouvant évoluer, pensez à vérifier la disponibilité au moment de votre lecture.
\n\n
\n\n
FAQ – Event Horizon
Event Horizon est-il un film d’horreur ou de science-fiction ?
Les deux. Le film utilise un cadre et des concepts de science-fiction, mais sa structure et son atmosphère empruntent énormément au film de maison hantée et à l’horreur surnaturelle.
Qui a réalisé Event Horizon ?
Paul W.S. Anderson a réalisé Event Horizon, sorti en 1997, quelques années avant de lancer sa série de films Resident Evil.
Existe-t-il un director’s cut d’Event Horizon ?
Une version plus longue a bien existé pendant la post-production, mais une grande partie des images coupées n’est plus disponible dans une qualité permettant de reconstruire simplement un director’s cut complet. Quelques scènes et fragments ont néanmoins survécu dans les bonus de différentes éditions vidéo.
Pourquoi Event Horizon est-il devenu culte ?
Le film a trouvé une nouvelle audience après son échec en salles, notamment grâce aux sorties vidéo. Son mélange de science-fiction, d’horreur gothique, de gore et de maison hantée spatiale lui a donné une identité qui continue de marquer les amateurs du genre.
Event Horizon fait-il peur aujourd’hui ?
Ça dépend évidemment de votre tolérance à l’horreur, mais son efficacité ne repose pas uniquement sur des jumpscares. L’ambiance, le sound design, les visions infernales et la transformation progressive du vaisseau continuent pour moi à faire leur boulot.
\n\n
Verdict : Event Horizon, l’enfer a trouvé son vaisseau
Event Horizon reste pour moi une sacrée pépite de l’horreur spatiale. Pas un film parfait, pas un 5/5 que je défendrais en montant sur la table avec une chaise de catch, mais un film auquel je reviens avec énormément de plaisir.
Son vaisseau est inoubliable. Son atmosphère est poisseuse comme il faut. Sam Neill est formidablement inquiétant. Laurence Fishburne apporte juste assez de solidité pour nous faire croire qu’il existe peut-être une chance de sortir de ce bretzel interdimensionnel.
Et presque trente ans plus tard, il suffit toujours de quelques secondes dans cette foutue cathédrale volante pour que je me dise : ah oui… mauvaise idée, le moteur gravitationnel.
Ma note : 4/5
Un enfer spatial qui a pris quelques rides numériques, mais pratiquement aucune ride dans son ambiance.
Et toi, tu l’as découvert à l’époque ou bien des années plus tard ? Et surtout : tu serais monté à bord de l’Event Horizon après avoir entendu le premier enregistrement de l’équipage ? Personnellement, j’aurais déjà demandé à Miller où se trouve le bouton « demi-tour ».
À bientôt les Geekz, SuPr3m3





Laisser un commentaire