Test Cooler Master StreamEnjin : une régie de streaming toujours dans le coup ?
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Test Cooler Master StreamEnjin : une régie de streaming toujours dans le coup ?

⚡ En bref

Le Cooler Master StreamEnjin est un drôle de bestiau : régie vidéo, encodeur, mélangeur audio, enregistreur et outil de streaming autonome réunis dans un appareil suffisamment compact pour partir dans un sac. Plusieurs années après sa sortie, son application accuse forcément quelques limites face à OBS et l'absence de Wi-Fi intégré reste pour moi son principal défaut. Mais sa capacité à gérer plusieurs sources, enregistrer localement et envoyer deux flux simultanément en fait encore un outil particulièrement intéressant pour le podcast, le streaming IRL ou la production vidéo mobile. Et maintenant qu'on le trouve autour de 600 €, son positionnement devient nettement plus intéressant. 4/5.

Salut les Geekz, j’espère que vous allez bien et que vous n’avez pas chopé une crampe en streamant votre visite en convention depuis votre téléphone? Si je reviens vers vous, c’est pour vous parler d’un produit. Et aujourd’hui, nous allons réparer une petite injustice qui traîne depuis beaucoup trop longtemps sur Le Geekz Club.
Il y a quelques années, Cooler Master m’avait envoyé un StreamEnjin afin que je puisse le tester. J’avais préparé mon article, fait mes essais et commencé à jouer avec la bestiole. Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où le blog s’est fait hacker.
Et pas le petit hack rigolo où tu changes trois mots de passe avant d’aller boire un café.
J’ai dû repartir d’une sauvegarde datant de plusieurs semaines. Plusieurs articles préparés à l’avance ont disparu dans la bataille et, parmi eux, se trouvait justement mon test du StreamEnjin.
Les années ont passé. Le produit est toujours là. Et moi aussi.
Alors Cooler Master, si vous passez par ici : désolé pour ce retard absolument indécent. Et surtout merci pour l’envoi de ce petit bijou, parce que plusieurs années plus tard, je m’amuse toujours comme un poti fou avec. 😀

Test & Avis Cooler Master StreamEnjin
Le StreamEnjin de Cooler Master en situation avec un ipad

Mais c’est quoi exactement, le StreamEnjin ?

Le plus simple serait probablement de présenter le StreamEnjin comme une petite régie de production vidéo autonome.
L’idée de Cooler Master était de proposer dans un seul appareil une bonne partie de ce qu’il faudrait normalement assembler autour d’un ordinateur : acquisition vidéo, changement de sources, transitions, mixage audio, encodage, enregistrement et diffusion vers Internet.
Et physiquement, le machin ressemble justement beaucoup plus à une petite régie qu’à un accessoire de streamer traditionnel.
On retrouve des boutons permettant de rappeler rapidement les scènes, des commandes de transition, un potentiomètre et surtout un véritable fader. Tu veux passer d’une caméra à une autre progressivement ? Tu pousses ton fader. C’est tactile, immédiat et surtout beaucoup plus agréable lorsqu’on produit quelque chose en direct que de devoir chercher le bon bouton à la souris.
Et c’est probablement le premier truc qui m’a plu avec le StreamEnjin : on comprend immédiatement que Cooler Master n’a pas simplement essayé de fabriquer un Stream Deck sous stéroïdes.

Une connectique pensée pour construire une vraie petite régie

À l’arrière, Cooler Master a prévu de quoi commencer à s’amuser sérieusement avec plusieurs sources vidéo et audio. On peut lui connecter plusieurs appareils HDMI, dont une source 4K, récupérer différentes sources audio, brancher un microphone, un casque, du stockage USB et évidemment le relier au réseau via Ethernet.
Et ça ouvre rapidement des possibilités assez sympathiques.
Une caméra sur le présentateur. Une autre pour l’invité. Une console ou un PC comme troisième source. Le micro arrive directement dans la régie, tu prépares plusieurs scènes et tu peux ensuite réaliser ton émission sans avoir besoin de transformer ton bureau en centre de contrôle de la NASA.
Cooler Master permet de préparer jusqu’à huit scènes, avec notamment des dispositions plein écran, Picture-in-Picture ou Picture-by-Picture. Attention cependant : même si plusieurs entrées physiques sont disponibles, le moteur de composition utilise jusqu’à deux sources vidéo simultanément dans une scène.
C’est suffisamment souple pour couvrir énormément de situations : podcast vidéo, interview, gameplay avec caméra, présentation de produit, événement ou streaming IRL.

Pas d’écran ? Et c’est justement l’une de ses meilleures idées

Quand on regarde le StreamEnjin pour la première fois, quelque chose saute rapidement aux yeux : il n’a pas d’écran intégré.
Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, je considère ça comme une excellente idée.
Pourquoi Cooler Master aurait-il intégré un écran tactile médiocre qui aurait augmenté le prix du produit alors que nous avons pratiquement tous une tablette qui traîne quelque part à la maison ?
Le StreamEnjin possède donc un emplacement permettant d’installer une tablette qui devient tout simplement son écran de contrôle.
Et là, la machine prend vraiment tout son sens.

Test & Avis Cooler Master StreamEnjin
No screen, no problems !

L’application StreamEnjin : le cerveau de la bestiole

L’application StreamEnjin est disponible sur iPad et Android et sert de véritable centre de contrôle. On y retrouve l’aperçu du programme, les différentes sources, l’éditeur de scènes, le mixage audio, les overlays et les paramètres de diffusion.
L’interface a été pensée pour être manipulée directement au doigt. On sélectionne ses sources, on prépare ses huit scènes, on déplace ou redimensionne les éléments et on peut ensuite utiliser les commandes physiques du StreamEnjin pendant la production.
Et cette combinaison fonctionne franchement bien : la tablette sert à préparer et surveiller, tandis que les commandes physiques servent à réaliser.
Depuis les mises à jour apportées après la sortie, une tablette Android peut même contrôler le StreamEnjin via le réseau en scannant un QR code. Le StreamEnjin, lui, reste connecté physiquement au réseau en Ethernet.
Mais attention : l’application ne transforme pas pour autant le StreamEnjin en OBS autonome.

Les limites face à OBS

On peut ajouter des images et des overlays, gérer ses scènes et effectuer son mixage audio, mais on ne retrouve pas toute la liberté offerte par OBS. Pas de gigantesque écosystème de plugins, pas de sources navigateur permettant de récupérer aussi facilement les widgets StreamElements ou Streamlabs et pas non plus la même profondeur dans le traitement audio.
Si votre micro a besoin d’un noise gate, d’un compresseur, d’un égaliseur et de quinze filtres VST avant que votre voix ressemble enfin à celle d’un animateur radio à deux heures du matin, il faudra gérer ça ailleurs dans la chaîne.
Ce n’est pas nécessairement rédhibitoire, mais il faut le savoir.
Le StreamEnjin cherche avant tout à rendre une production vidéo rapide et transportable, pas à reproduire les possibilités pratiquement infinies d’un PC équipé d’OBS.

Deux streams simultanément : et là, ça devient très intéressant

Une fonction me plaît particulièrement : le StreamEnjin peut diffuser vers deux destinations simultanément.
Et ça change sérieusement la manière dont je regarde l’appareil.
On peut par exemple envoyer son programme vers deux plateformes différentes sans avoir besoin d’un service de restreaming externe. L’application permet notamment de configurer des destinations RTMP, tandis que le StreamEnjin se charge directement de l’encodage et de l’envoi.
Il faut cependant garder en tête les limites de la plateforme : en double diffusion, on est loin d’un PC moderne capable de pousser plusieurs gros encodages très haute qualité. Mais pour une émission, un podcast ou du contenu IRL, la possibilité d’avoir deux sorties réseau directement gérées par cette petite boîte reste franchement intéressante.
Et c’est précisément ici que ma vision du StreamEnjin diffère peut-être légèrement de celle imaginée initialement par Cooler Master.

Remplaçant du PC portable ? Pour moi, pas vraiment

Je pense que le StreamEnjin a en partie été imaginé comme une manière de remplacer le PC portable dans certaines productions mobiles.
Et techniquement, il peut le faire.
Tu prends le StreamEnjin, une tablette, tes caméras, tes micros, du stockage et une connexion réseau. La machine peut assurer la réalisation, encoder, streamer et enregistrer ton programme sans avoir besoin de sortir un ordinateur.
Mais personnellement, ce n’est pas comme ça que je trouve le produit le plus intéressant.
Je le vois davantage comme un outil supplémentaire dans une chaîne de production.
Parce que rien ne t’oblige à choisir entre le StreamEnjin et ton PC. Il peut parfaitement devenir la petite régie située en amont : récupérer les caméras, gérer les transitions et le mixage de plusieurs sources, produire un programme propre puis transmettre ce résultat au reste de ton installation.
Et soudain, ses limites logicielles deviennent beaucoup moins problématiques.
Tu veux OBS, tes overlays complexes, tes alertes et tes plugins ? Très bien. Garde ton PC.
Mais laisse le StreamEnjin s’occuper de ce qu’il sait faire.

Test & Avis Cooler Master StreamEnjin
Vu de tranche supérieure du StremEnjin de Cooler Master

Le gros oubli : bordel Cooler Master, où est le Wi-Fi ?

Hardwarement parlant, j’ai finalement assez peu de choses à reprocher au StreamEnjin.
À une exception près.
L’absence de Wi-Fi intégré.
Pour un appareil qui revendique aussi clairement sa mobilité, ça me paraît toujours être une occasion manquée.
À la maison ou dans un studio, aucun problème. Tu branches ton câble Ethernet et terminé. En convention ou sur un événement, c’est une autre histoire.
À moins d’avoir une accréditation presse avec accès au saint Graal — cette mystérieuse salle presse dans laquelle vivent des prises électriques libres, du café et une connexion réseau exploitable — récupérer un Ethernet sur un salon peut rapidement devenir une quête secondaire de RPG.
Heureusement, le problème se contourne très facilement. Tu glisses dans le sac un routeur ou un point d’accès 4G/5G disposant d’un port Ethernet, type Netgear Orbi 4G ou équivalent, un petit câble réseau et roule ma poule.
Ça fonctionne.
Mais j’aurais quand même préféré ne pas avoir à le faire.

Une petite régie qui tient dans un sac

Et c’est finalement en imaginant ce genre de situation que le StreamEnjin prend tout son sens pour moi.
Imaginez un salon.
Le StreamEnjin, une tablette Android, deux petites caméras, deux micros, un routeur 4G/5G et quelques câbles dans un sac. Tu arrives sur place, tu installes ton matériel et tu disposes pratiquement immédiatement d’une mini-régie capable de produire et diffuser une interview avec plusieurs plans.
Pour un podcaster vidéo, un streamer IRL, un vlogueur ou même un petit média qui couvre des conventions, c’est extrêmement séduisant.
Et si tu préfères enregistrer plutôt que diffuser immédiatement, le StreamEnjin peut également enregistrer son programme en 1080p sur un stockage USB externe.

Il va quand même falloir apprendre à s’en servir

Ne vous attendez toutefois pas à sortir la machine du carton cinq minutes avant votre premier direct et à devenir instantanément réalisateur de télévision.
Le StreamEnjin est relativement logique une fois qu’on a compris sa philosophie, mais il demande un peu d’apprentissage.
Il faut comprendre la différence entre les sources et le programme, préparer ses scènes, configurer correctement les niveaux audio, comprendre le fonctionnement des transitions et surtout tester son workflow avant de partir en direct.
Mais quelque part, c’est aussi ce qui rend l’appareil intéressant.
Ce n’est pas un gadget qui fait semblant d’être une régie. C’est réellement une petite régie.

Et plusieurs années plus tard, son prix devient enfin un argument

Lors de sa sortie, c’était probablement le plus gros problème du StreamEnjin.
Le tarif était violent.
On parlait d’un produit lancé aux alentours de 900 £ sur certains marchés, auquel il fallait encore ajouter une tablette si on n’en possédait pas. Face à un PC avec OBS ou à certaines solutions Blackmagic, l’addition devenait franchement difficile à défendre.
Aujourd’hui, la situation est beaucoup plus intéressante.
On peut trouver le StreamEnjin aux alentours de 600 € selon les revendeurs et les disponibilités. Et contrairement à l’époque de son lancement où l’iPad représentait pratiquement un passage obligé, l’application existe désormais également sur Android.
Une tablette Android récente avec 4 à 6 Go de RAM suffit largement à constituer une interface de contrôle confortable. Personnellement, c’est d’ailleurs la solution vers laquelle je me tournerais aujourd’hui pour construire un kit mobile à prix raisonnable. Côté Apple, je viserais au minimum un iPad relativement récent, autour de la génération 2020, histoire de conserver quelque chose de suffisamment réactif et utilisable encore quelques années.
Et dans le contexte actuel où monter une machine dédiée à la production vidéo peut rapidement coûter un bras, un rein et éventuellement la garde du chat, le StreamEnjin commence enfin à disposer d’un argument tarifaire beaucoup plus sérieux.

À qui conseiller le Cooler Master StreamEnjin ?

Je ne le conseillerais pas forcément au streamer Twitch installé en permanence devant son PC avec une seule caméra et OBS. Dans cette situation, soyons francs : vous possédez probablement déjà tout ce dont vous avez besoin.
En revanche, dès que la production commence à bouger ou à utiliser plusieurs sources, le produit devient beaucoup plus intéressant.
Podcasts vidéo, interviews, streams IRL, conventions, événements associatifs, vlog multicaméra, petite production YouTube, captation d’une émission ou même régie intermédiaire avant OBS : c’est là que le StreamEnjin montre réellement ce qu’il sait faire.
Et sa double diffusion constitue toujours un sacré bonus.

FAQ : Cooler Master StreamEnjin

À quoi sert le Cooler Master StreamEnjin ?

Le StreamEnjin est une régie de production vidéo compacte capable de gérer plusieurs sources vidéo et audio, préparer jusqu’à huit scènes, réaliser des transitions, enregistrer un programme et le diffuser en direct sans nécessiter obligatoirement un PC.

Le StreamEnjin fonctionne-t-il avec Android ?

Oui. L’application officielle StreamEnjin est disponible sur Android ainsi que sur iPad. Les versions récentes permettent également le contrôle d’un StreamEnjin connecté au réseau depuis une tablette Android en Wi-Fi.

Peut-on streamer sur deux plateformes simultanément ?

Oui. Le StreamEnjin est capable d’envoyer simultanément son programme vers deux destinations CDN/RTMP, ce qui permet par exemple de diffuser une émission sur deux plateformes sans passer par un ordinateur dédié à l’encodage.

Peut-on utiliser le StreamEnjin sans tablette ?

Les commandes physiques permettent d’effectuer certaines opérations, mais la tablette constitue réellement l’interface principale du StreamEnjin pour préparer les scènes, surveiller les sources, régler l’audio et configurer la diffusion. Il faut donc prévoir un iPad ou une tablette Android pour l’exploiter correctement.

Le StreamEnjin peut-il remplacer OBS ?

Dans certains workflows simples et mobiles, oui. Mais l’application StreamEnjin n’offre pas la richesse d’OBS en matière de plugins, sources navigateur, automatisations ou traitement audio. Personnellement, je préfère donc considérer le StreamEnjin comme une régie autonome qui peut soit remplacer un PC dans certaines situations, soit venir compléter une installation OBS plus complexe.

Verdict : une petite régie que j’aurais vraiment dû vous présenter plus tôt

Plusieurs années après avoir reçu le StreamEnjin, mon avis sur lui est finalement assez simple : Cooler Master avait une sacrément bonne idée.
Le produit n’est pas parfait. L’absence de Wi-Fi intégré me paraît toujours difficile à comprendre sur un appareil aussi orienté mobilité, et l’application ne possède évidemment pas la souplesse d’un OBS moderne. Il faut également accepter de passer un peu de temps à comprendre la logique de la machine avant d’en tirer réellement quelque chose.
Mais une fois cette étape passée, le StreamEnjin sait trouver sa place presque partout.
Il peut devenir le cœur d’une installation mobile, remplacer un ordinateur dans certaines productions légères ou simplement s’insérer dans une chaîne existante comme petite régie vidéo autonome. Ajoutez ses huit scènes, ses commandes physiques, son enregistrement USB et surtout sa capacité à envoyer deux flux simultanément, et le bestiau reste franchement séduisant.
Et maintenant que son tarif est devenu beaucoup plus raisonnable qu’à son lancement, il devient même beaucoup plus facile à recommander aux créateurs qui ont réellement besoin de ce type d’outil.
Pour moi, c’est un très solide 4/5.
Et je vais terminer comme j’aurais dû le faire il y a plusieurs années : un grand merci à Cooler Master pour l’envoi du StreamEnjin. Désolé que cet article ait mis autant de temps à arriver. Entre-temps, la bestiole n’a pas pris la poussière : je m’amuse toujours comme un poti fou avec. 😀
Alors les Geekz, est-ce que vous pourriez intégrer ce genre de petite régie dans votre setup ? Plutôt podcast, stream IRL, conventions ou régie devant OBS ? Venez m’en parler dans les commentaires !
SuPr3m3

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