Salut les Geekz ! C’est encore moi ! Aujourd’hui, on va parler de Spider-Man: Brand New Day. Et rien qu’en écrivant ce titre, il y a une petite partie de moi qui ressent encore comme un léger spasme dans l’œil gauche.
Parce que Brand New Day et moi, on a un passif. Un gros.
Spider-Man fait partie de mon top 3 des super-héros de comics. J’achetais ses aventures depuis 1992. J’ai grandi avec Peter Parker, suivi ses emmerdes, ses victoires, ses défaites, ses histoires avec Mary Jane et une tétrachiée de rebondissements plus ou moins heureux. Je suis même suffisamment atteint pour posséder l’édition collector du premier Spider-Man de Sam Raimi, celle avec l’énorme coffret en bois. Bref, Spider-Man chez moi, ce n’est pas simplement « j’aime bien le monsieur en collants qui lance des toiles ».
Et puis il y a eu One More Day. Et derrière, Brand New Day.
Pour moi, ce fut la goutte de trop. J’ai vécu ce changement comme un monstrueux retour éditorial en arrière. Des années d’évolution de Peter Parker sacrifiées pour retrouver un statu quo plus confortable, plus facilement exploitable, avec notamment tout ce qui avait été construit autour de Peter et Mary Jane envoyé valser. Après avoir acheté les aventures de Spider-Man pendant une quinzaine d’années, j’ai arrêté.
Alors forcément, lorsque Sony et Marvel ont annoncé que le quatrième film Spider-Man avec Tom Holland allait s’appeler… Brand New Day, ma première réaction n’a pas exactement été de sabrer le champagne.
Ah.
Vous voulez vraiment qu’on reparle de ça ? Très bien.
Et maintenant arrive la phrase que le lecteur de comics que j’étais à l’époque n’aurait probablement jamais imaginé écrire un jour : j’ai overkiffé Spider-Man: Brand New Day.
Bretzel de merle… Il aura donc fallu le cinéma pour me réconcilier avec ces trois mots.
Deux Brand New Day, deux manières complètement opposées de faire un reset
C’est probablement ce qui m’a le plus touché dans le film. Le Brand New Day des comics avait utilisé son immense reset pour me donner l’impression que Peter Parker reculait. Le film récupère lui aussi un Peter qui repart pratiquement de zéro, mais il utilise cette situation pour faire exactement l’inverse : il le fait évoluer.
No Way Home lui avait pourtant offert le bouton RESET ultime. Tante May est morte. Ned et MJ ne se souviennent plus de lui. Tony Stark n’est plus là. Le monde entier a oublié Peter Parker. Il vit seul, fabrique son équipement et consacre pratiquement toute son existence à Spider-Man. Sony et Marvel auraient très facilement pu utiliser cette situation pour fabriquer artificiellement un Peter adolescent 2.0 et revenir vers une formule connue.
Mais ils ne le font pas.
Ce Peter est plus seul, plus abîmé et surtout plus mature. Ce qu’il a traversé dans les films précédents existe encore et influence celui qu’il est devenu. Le film ne lui rend pas simplement ses jouets avant de lancer une nouvelle partie : il s’intéresse aux conséquences de ce qu’il a vécu. Même son obsession pour Spider-Man ressemble parfois davantage à une fuite qu’à une vocation. Le synopsis officiel du film présente d’ailleurs ce Peter comme entièrement consacré à la lutte contre le crime, incapable d’oublier ceux qui, eux, l’ont oublié.
Et c’est exactement ce que j’attendais d’un nouveau départ. Le Brand New Day des comics m’avait fait arrêter Spider-Man. Le Brand New Day du cinéma m’a rappelé pourquoi j’aime autant Spider-Man.
Peter Parker est enfin obligé de grandir
Tom Holland a longtemps incarné un Spider-Man beaucoup plus jeune que celui auquel j’étais habitué dans les comics. J’aime cette version du personnage, mais son Peter a énormément été construit autour de figures qui l’accompagnaient : Tony Stark, Happy, May, Ned, MJ, Doctor Strange… Il y avait presque toujours quelqu’un autour de lui pour lui tendre une main, lui donner un conseil ou réparer une partie du bordel.
Cette fois, Peter est seul avec ses décisions. Et forcément, ça change énormément de choses.
Il reste Peter Parker. Il fait encore des erreurs, agit parfois avant de réfléchir et possède toujours cette capacité extraordinaire à transformer une situation compliquée en catastrophe internationale avant le déjeuner. Mais il commence aussi à comprendre que devenir adulte ne signifie pas simplement apprendre à mieux utiliser ses pouvoirs. Il doit apprendre à vivre avec ses pertes, à contrôler sa colère et surtout à accepter que le monde n’est pas divisé entre les gentils d’un côté et les méchants de l’autre.
C’est notamment pour ça que j’ai autant aimé ce que le film fait avec Jean Grey, le Punisher et Damage Control. Chacun oblige Peter à remettre en question quelque chose qu’il pensait avoir compris.
Spider-Man et le Punisher : voilà mon Peter Parker des comics
Et puis il y a Frank Castle.
Mettre Spider-Man et le Punisher ensemble, c’est presque de la triche tellement leur opposition morale fonctionne naturellement. Les deux peuvent poursuivre exactement la même personne pour des raisons similaires et pourtant être en désaccord sur pratiquement tout ce qu’il convient de faire une fois qu’ils l’ont attrapée.
Jon Bernthal retrouve son Punisher et fonctionne incroyablement bien face à Tom Holland. Et ce que j’aime particulièrement, c’est que Frank n’est pas là uniquement pour déclencher des applaudissements dans la salle avant de disparaître cinq minutes plus tard. Il participe réellement au parcours de Peter. Leur relation est drôle par moments, tendue à d’autres, mais elle raconte surtout quelque chose sur les deux personnages. Frank peut même être vu comme une sorte de futur possible de Peter : un homme seul qui a tout perdu et qui a laissé sa douleur et sa colère définir sa manière de rendre justice.
Et Peter refuse cette voie.
C’est dans leurs échanges que j’ai retrouvé énormément du Spider-Man que j’aime dans les comics. Peter peut être naïf. Il peut être chiant. Il peut parfois croire beaucoup trop fort qu’il existe toujours une autre solution. Mais c’est justement ça, Spider-Man. Il possède une ligne morale et il s’y accroche même quand le mec en face de lui pourrait probablement résoudre le problème beaucoup plus rapidement avec un fusil d’assaut.
Le Punisher lui demande presque : « jusqu’où es-tu prêt à aller ? » Et Peter répond en restant Peter Parker.
Jean Grey n’est pas vraiment le grand méchant du film
C’est ici que je trouve le scénario particulièrement malin. Pendant une bonne partie du film, tout est construit pour que nous regardions Jean Grey comme la menace. Elle possède des capacités télépathiques terrifiantes, passe d’un corps à l’autre, manipule les gens et commet des actes qu’on ne peut clairement pas balayer sous le tapis simplement parce qu’elle souffre.
Mais progressivement, Peter découvre que la situation est beaucoup plus compliquée.
Jean recherche sa sœur Sara, enlevée par Damage Control. Elle n’est donc pas simplement une super-vilaine arrivée à New York un mardi matin avec l’envie de casser Spider-Man. Elle est en colère, dangereuse et prête à franchir certaines limites, mais elle est également victime de ce que Bill Metzger et Damage Control ont mis en place. Le film oblige alors Peter à abandonner une lecture confortable dans laquelle Damage Control représente l’autorité légitime tandis que Jean représente la menace à neutraliser.
Et derrière tout ce bordel apparaît finalement ce que j’ai beaucoup aimé dans le choix de l’antagoniste : le véritable problème est profondément humain.
Bill Metzger n’a pas besoin de lancer des éclairs avec ses mains. Il n’a pas besoin d’être un extraterrestre violet, un dieu ou une créature issue d’un autre univers. C’est un homme à la tête d’une institution disposant de suffisamment de pouvoir pour décider que certaines personnes deviennent des objets d’étude, des armes potentielles ou des problèmes qu’il faut contrôler. Damage Control exploite même des technologies et des individus qu’il est justement censé surveiller.
Et je trouve ça beaucoup plus intéressant qu’un nouveau gros méchant souhaitant détruire New York avec un rayon lumineux dans le ciel.
Ce que Peter dit à Jean Grey résume parfaitement Spider-Man
Je vais volontairement rester vague sur certains détails parce que, même si on entre forcément dans le spoiler en parlant de Jean, il y a des choses que je préfère vous laisser découvrir.
Mais la manière dont Peter finit par regarder Jean m’a énormément rappelé le Peter Parker des comics. Il ne nie pas ce qu’elle a fait. Il ne prétend pas qu’elle est innocente simplement parce qu’elle possède une histoire tragique. Il comprend en revanche qu’une personne ne se résume pas forcément au pire acte qu’elle a commis.
Et face au Punisher d’un côté, à Jean de l’autre et à Damage Control derrière tout ça, Peter trouve finalement sa place.
Frank voit des coupables à punir. Metzger voit des menaces à contrôler. Jean voit ceux qui lui ont fait du mal.
Peter, lui, continue à voir des personnes.
Voilà mon Spider-Man.
Internet avait déjà résolu le film environ 427 fois avant sa sortie
Il faut aussi qu’on parle de la gigantesque foire aux théories qui a précédé la sortie de Brand New Day. Parce que c’était magnifique.
Pendant des mois, absolument tout est devenu une preuve irréfutable. Une silhouette dans un trailer ? Théorie. Un reflet légèrement suspect ? Théorie. Un élément manifestement modifié numériquement ? Théorie. Sadie Sink porte une certaine couleur de fringues ? Félicitations, quelqu’un vient probablement de publier une vidéo de cinquante-deux minutes expliquant pourquoi elle joue Mephisto déguisé en Gwen Stacy qui serait en réalité Jean Grey venue d’une autre timeline.
J’exagère à peine.
Je ne vais pas affirmer que Sony et Marvel ont fabriqué toutes ces théories eux-mêmes sans preuve. En revanche, ils ont parfaitement su laisser Internet faire le boulot. Donner suffisamment de matière pour alimenter les discussions sans confirmer grand-chose, laisser les fans analyser chaque image au microscope et regarder la machine s’emballer toute seule.
Et pendant que les théoriciens marvelophiles essayaient de résoudre le film six mois avant sa sortie, tout le monde parlait de Spider-Man: Brand New Day.
Le plus beau ? Malgré cette tétrachiée de théories, de rumeurs, de supposés leaks et de vidéos YouTube avec des grosses flèches rouges sur les miniatures, le film avait encore des choses à cacher.
Des surprises dans un film Marvel en 2026 ?!
Et ça, j’ai adoré.
Il y a des surprises. Quelques caméos. Des personnages dont le rôle réel n’était pas forcément celui imaginé avant la sortie. Et plusieurs moments où je découvrais réellement ce qui se passait dans la salle plutôt que d’assister à la confirmation d’un leak Reddit que l’algorithme m’avait collé sous le nez huit mois auparavant.
Ça devrait être normal.
Mais soyons sérieux deux minutes : réussir à préserver des secrets sur un Spider-Man du MCU relève aujourd’hui pratiquement du miracle.
Et le film sait en plus utiliser ses personnages Marvel sans donner l’impression d’être une bande-annonce de deux heures vingt pour les six prochaines productions du MCU. Le Punisher a une fonction dans l’histoire. Bruce Banner en possède une également. Jean Grey est essentielle au récit. Même lorsque le film s’amuse avec l’univers Marvel, Peter reste son centre de gravité.
C’est exactement comme ça que j’aime les connexions dans un univers partagé : elles doivent servir l’histoire en cours avant de servir la prochaine réunion d’actionnaires.
[image]
Et visuellement ? Patin de merle !
J’en ai pris plein les mirettes.
Les effets spéciaux sont aux petits oignons, les scènes d’action possèdent de l’ampleur tout en restant lisibles et Spider-Man retrouve cette sensation de vitesse et d’agilité que j’attends du personnage. Surtout, je n’ai pas passé la moitié du film à regarder les contours des acteurs en me demandant si le plan avait été terminé douze minutes avant l’envoi du DCP au cinéma.
Et ça fait du bien.
Marvel avait reconnu ces dernières années avoir trop produit et annoncé vouloir réduire sa cadence afin de se concentrer davantage sur chaque projet. Je ne vais pas faire le raccourci « moins de films = automatiquement de meilleurs CGI », parce que le fonctionnement des effets visuels est évidemment beaucoup plus complexe que ça. Mais si ralentir la machine permet de mieux préparer les productions, de réduire les modifications tardives et de laisser davantage de temps aux équipes, alors continuez dans cette direction.
Parce que Brand New Day ressemble à un blockbuster qui a eu le temps d’être terminé.
Tom Holland tient enfin son Spider-Man adulte
Et évidemment, tout ça ne fonctionnerait pas sans Tom Holland.
Je l’ai toujours trouvé bon dans le rôle, mais je pense que Brand New Day lui offre quelque chose dont il avait réellement besoin : la possibilité de jouer Peter Parker autrement que comme le jeune Spider-Man du MCU.
Il y a toujours de l’humour. Toujours cette énergie un peu maladroite. Toujours ce côté Peter Parker qui peut sauver une ville entière avant d’être incapable de gérer une conversation avec quelqu’un qu’il aime. Mais Holland peut également aller chercher quelque chose de beaucoup plus fatigué, triste et parfois colérique.
Le monde a oublié Peter Parker, mais Peter n’a oublié personne. Et cette idée toute simple donne énormément de poids à certaines scènes. Sony la place d’ailleurs au cœur même du synopsis officiel du film.
Peter pourrait essayer de récupérer ce qu’il avait. Il pourrait forcer les choses avec MJ et Ned. Il pourrait également laisser sa solitude le bouffer complètement. Le film le pousse plutôt à comprendre qu’avancer ne signifie pas oublier ce qu’il a perdu.
Et là encore, on revient à ce qui sépare pour moi les deux Brand New Day : celui-ci ne cherche pas à effacer l’évolution de Peter. Il fait de ce qu’il a perdu le moteur de son évolution suivante.
Je pensais détester le titre. J’adore ce qu’ils en ont fait
Plus j’y pense et plus je trouve finalement le titre très bien choisi.
Parce qu’un « brand new day », ce n’est pas forcément revenir à hier.
C’est commencer demain.
Et c’est précisément là que le film réussit quelque chose que le comics n’avait pas réussi à faire avec moi. Je n’ai pas l’impression qu’on m’a rendu un Peter Parker artificiellement rajeuni pour retrouver une formule confortable. J’ai l’impression d’avoir vu Peter accepter qu’une partie de sa vie est terminée et commencer à construire la suivante.
Il n’est plus le gamin de Homecoming. Il n’est plus le protégé de Tony Stark. Il n’est plus vraiment le Peter de No Way Home non plus.
Il devient simplement Spider-Man.
FAQ : Spider-Man: Brand New Day
Spider-Man: Brand New Day se déroule-t-il après No Way Home ?
Oui. Le film retrouve Peter Parker après les événements de No Way Home, dans un monde où personne ne se souvient de son identité. Peter vit désormais seul et consacre l’essentiel de sa vie à Spider-Man.
Le Punisher est-il important dans Spider-Man: Brand New Day ?
Oui. Frank Castle, toujours interprété par Jon Bernthal, possède un véritable rôle dans l’histoire et sa relation avec Peter permet notamment au film de confronter deux visions radicalement différentes de la justice. Il ne s’agit pas simplement d’un caméo destiné à faire applaudir la salle.
Jean Grey est-elle la méchante de Spider-Man: Brand New Day ?
Elle constitue initialement la principale menace à laquelle Spider-Man doit faire face, mais le film complexifie rapidement cette lecture. Jean cherche sa sœur Sara et Peter découvre progressivement le rôle joué par Bill Metzger et Damage Control dans toute cette affaire. Elle reste responsable de ses actes, mais le scénario refuse d’en faire une simple super-vilaine.
Faut-il avoir vu les précédents Spider-Man avec Tom Holland ?
Je le conseille fortement, surtout No Way Home. Une grande partie de l’évolution de Peter dans Brand New Day repose sur les conséquences émotionnelles de ce film et sur le sacrifice qui a conduit le monde entier à oublier son existence.
Spider-Man: Brand New Day vaut-il le coup ?
Pour moi, la réponse est simple : oui. J’ai adoré l’évolution de Peter, sa relation avec le Punisher, la manière dont le film traite ses antagonistes, ses surprises et son spectacle. Après avoir détesté ce que le nom Brand New Day représentait autrefois pour Spider-Man, je ne pensais certainement pas mettre 5/5 à un film portant ce titre.
5/5 : bordel que ça me fait bizarre d’écrire ça
Vous vous rendez compte du chemin parcouru ?
J’ai commencé cet article en vous expliquant que Brand New Day était pratiquement devenu un gros mot chez moi. C’était le symbole d’une décision éditoriale qui avait réussi à me faire abandonner un personnage dont j’achetais les comics depuis 1992.
Et me voilà presque vingt ans plus tard devant un film portant exactement le même nom à lui mettre…
5/5.
Parce que cette fois, j’ai retrouvé Peter Parker. Pas une version figée du personnage. Pas celui des comics de mon adolescence. Pas celui de Sam Raimi. Pas simplement le gamin du MCU qui cherchait l’approbation de Tony Stark.
Peter Parker.
Un mec qui en prend plein la tronche, perd énormément, fait des erreurs, se relève et essaie malgré tout de faire ce qui lui semble juste. Un héros capable de regarder quelqu’un que tout le monde désigne comme son ennemi et de se demander s’il connaît réellement toute l’histoire avant de lui coller une droite.
C’est ce Spider-Man-là que j’aime depuis toutes ces années.
Ajoutez un Tom Holland au sommet, un Jon Bernthal qui fonctionne merveilleusement bien avec lui, un antagonisme plus intelligent qu’un simple combat entre le gentil et le méchant, des surprises réellement préservées, des effets visuels magnifiques et suffisamment de spectacle pour m’en mettre plein les mirettes…
Je cherchais mon principal reproche en sortant de la salle.
Je le cherche encore.
5/5.
Et bretzel de merle que ça me fait bizarre d’écrire ça sous le titre Brand New Day.
Alors les Geekz, maintenant c’est à vous : vous avez pensé quoi de ce nouveau départ pour Peter ? Vous avez accroché à sa relation avec Frank Castle ? Et pour ceux qui ont vécu le Brand New Day des comics à l’époque, est-ce que le titre vous a provoqué le même petit traumatisme que moi ? Balancez-moi tout ça dans les commentaires.
SuPr3m3







Laisser un commentaire