Critique Terminator : la machine qui m’a appris à avoir peur du futur

Critique Terminator : la machine qui m’a appris à avoir peur du futur

⚡ En bref

Terminator (1984), c’est presque autant un film d’horreur qu’un film de science-fiction : Schwarzenegger y incarne une machine implacable, Kyle Reese traverse le temps pour sauver la femme qu’il aime avant même de l’avoir rencontrée et Sarah Connor découvre qu’elle porte littéralement l’avenir de l’humanité. Certains effets pratiques ont vieilli, mais l’ambiance froide, la réalisation de James Cameron et cette sensation qu’absolument rien ne peut arrêter le T-800 fonctionnent toujours. Pour les frissons et les traumatismes infligés au jeune SuPr3m3 : 4,5/5.

Salut les Geekz ! J’espère que vous allez bien ? Aujourd’hui, on attaque le premier vrai morceau de notre dossier consacré à la saga Terminator. Et forcément, on commence là où tout a commencé : Los Angeles, 1984, une Sarah Connor qui n’a encore aucune idée de ce qui va lui tomber dessus et une montagne autrichienne qui a décidé que parler était franchement optionnel.

Ça fait une paie que je n’ai pas revu ce premier Terminator. Pourtant, il y a des films dont on oublie des dialogues, des plans ou même certains personnages secondaires, mais dont les sensations restent intactes. Celui-là en fait partie.

Je me souviens encore des frissons. De cette impression qu’on ne pouvait pas réellement échapper à la machine. De Schwarzenegger avançant sans émotion, comme si le destin lui-même avait pris forme humaine pour venir frapper à votre porte.

Et surtout, je me souviens du jeune SuPr3m3 qui n’était pas exactement serein devant certains effets pratiques.

On va dire que la couette a servi de dispositif de protection homologué.

Terminator est presque un film d’horreur avant d’être un film d’action

C’est probablement ce qui me reste le plus du film de James Cameron. Avant les énormes scènes d’action que la saga développera par la suite, Terminator ressemble énormément à un slasher.

Remplacez le couteau par un arsenal, donnez à votre tueur un endosquelette métallique et lâchez-le dans Los Angeles. Le principe reste terriblement simple : Sarah Connor court, le Terminator la cherche et il ne s’arrête jamais.

Il parle peu. Il ne négocie pas. Il ne se fatigue pas. Vous pouvez lui tirer dessus, le percuter, essayer de vous cacher ou appeler toute la police de Los Angeles : il continue d’avancer.

Et Schwarzy passe crème.

Ça paraît presque évident aujourd’hui tant son visage est devenu indissociable du T-800, mais son jeu extrêmement minimaliste participe énormément à l’angoisse. Il ne joue pas vraiment un méchant qui prend plaisir à poursuivre Sarah. Il joue une machine qui exécute une instruction. Pas de haine. Pas de colère. Pas de remords.

Juste une mission.

Sarah Connor doit mourir.

Terminator 1984 - Arnold Schwarzenegger dans le rôle du T-800
Arnold Schwarzenegger dans Terminator : peu de mots, beaucoup de problèmes.

En 1984, qu’est-ce que tu veux faire contre un Terminator ?

Il faut aussi remettre le film dans son époque. Terminator sort aux États-Unis le 26 octobre 1984, en pleine guerre froide, avec la menace nucléaire installée dans le quotidien depuis des décennies. Cameron a lui-même raconté qu’il voyait à l’époque cette menace comme une véritable épée de Damoclès au-dessus d’un monde qui continuait pourtant à vivre normalement.

Et c’est exactement cette sensation que je retrouve dans le film.

Pour moi, Terminator synthétise une partie des craintes humaines face à l’avancée technologique de son époque. Une intelligence artificielle militaire finit par considérer l’humanité comme une menace, déclenche l’apocalypse nucléaire puis construit des machines capables de nous imiter pour mieux nous éliminer.

Quarante ans plus tard, le vocabulaire autour de l’intelligence artificielle a évidemment changé. Mais en 1984, Skynet et son assassin venu du futur avaient quelque chose de franchement glaçant.

Et surtout : avec la puissance de feu disponible dans les rues de Los Angeles, qu’est-ce que tu veux réellement lui faire ?

Le Terminator encaisse. La police est dépassée. Les armes conventionnelles ne font que ralentir la machine. Ce n’est plus seulement un adversaire : c’est une échéance qui marche vers toi.

Un cauchemar devenu l’un des monstres les plus connus du cinéma

Le plus beau dans tout ça, c’est que cette sensation d’horreur vient littéralement d’un cauchemar. James Cameron a expliqué avoir rêvé, alors qu’il était malade à Rome en 1981, d’un squelette chromé sortant des flammes. Il s’est réveillé et a commencé à dessiner cette vision sur le papier.

Quelques années plus tard, Stan Winston et son équipe lui donnent corps.

Avec un budget d’environ 6,4 millions de dollars, il n’était évidemment pas question de résoudre tous les problèmes avec du numérique. Plusieurs versions de l’endosquelette ont donc été fabriquées : modèle principal, version destructible, modèle pouvant être écrasé, miniature utilisée en stop motion et marionnette partielle manipulée par un technicien.

Oui, certains plans ont vieilli.

Mais quand j’étais plus jeune ? Rien à carrer de savoir comment c’était fabriqué.

Je voyais juste ce foutu squelette métallique qui refusait de mourir.

Et notamment cette scène où la machine endommagée révèle progressivement ce qu’elle est réellement. Les effets pratiques peuvent aujourd’hui laisser apparaître leurs ficelles, mais dans mes souvenirs, c’était surtout le moment où le film cessait définitivement d’être de la science-fiction confortable.

Le jeune SuPr3m3 n’avait rien demandé. La couette non plus.

Kyle Reese : le soldat, le protecteur… et le plus gros bretzel temporel du film

Et puis il y a Kyle Reese.

Un soldat envoyé du futur pour protéger la mère de son meilleur ami… qui est en fait aussi son fils.

Eh non, on n’est pas dans Doctor Who ou Retour vers le futur. On est dans Terminator.

John Connor confie à Reese une photographie de sa mère. Kyle écoute les histoires que John raconte sur elle. Il apprend à connaître Sarah sans jamais l’avoir rencontrée et finit par tomber amoureux d’une femme qui, pour lui, appartient littéralement au passé.

On se croirait de retour sur Caramail, je te jure.

Sauf qu’ici, pour rencontrer son crush, il ne suffit pas de prendre le RER. Reese traverse le temps, débarque nu à Los Angeles, affronte une machine quasiment indestructible et finit par se sacrifier pour sauver Sarah.

Et en faisant cela, il devient le père de John Connor, l’homme qui l’enverra plus tard dans le passé.

Voilà.

Même avec un tableau blanc et trois Doliprane, la boucle reste magnifique.

Terminator 1984 - Kyle Reese protège Sarah Connor du Terminator
Kyle Reese et Sarah Connor : le soldat du futur et la femme qu’il doit protéger du Terminator.

Le sacrifice de Kyle Reese change complètement Sarah Connor

Ce que j’aime dans cette histoire, c’est que Reese n’est pas uniquement le héros venu du futur avec les bonnes informations. C’est aussi un homme qui a grandi dans les ruines provoquées par Skynet.

Pour Sarah, la guerre est une histoire impossible racontée par un type qu’elle vient de rencontrer. Pour Reese, c’est toute sa vie.

Il sait ce qui arrive. Il sait ce que John représentera. Et il sait surtout que Sarah doit survivre.

Son sacrifice fait alors basculer le film. La serveuse complètement dépassée du début n’existe plus vraiment. À la fin, Sarah est seule, enceinte, avec la connaissance d’un futur apocalyptique que personne autour d’elle ne peut encore voir.

Et c’est là que se met en place cette épée de Damoclès permanente qui deviendra l’un de ses moteurs : Skynet doit être arrêté. John doit survivre à tout prix.

Sarah Connor ne peut plus revenir à sa vie d’avant parce qu’elle connaît désormais la date de péremption du monde.

Linda Hamilton n’est pas encore la Sarah Connor de Terminator 2

Et heureusement.

C’est justement parce que Linda Hamilton commence avec une Sarah ordinaire que son parcours fonctionne aussi bien. Elle n’est pas encore la guerrière sculptée par des années de préparation et de paranoïa que l’on retrouvera ensuite.

Elle travaille, sort avec ses amis, subit sa journée et découvre soudain qu’un type venu du futur veut la tuer parce que son fils qui n’existe pas encore gagnera une guerre qui n’a pas encore commencé.

Il y a de quoi demander un arrêt maladie.

Mais progressivement, elle encaisse. Elle apprend. Elle survit. Et lorsque Reese n’est plus là pour la protéger, c’est elle qui termine le travail.

Le premier Terminator raconte donc déjà la naissance de Sarah Connor autant que celle du mythe du T-800.

Une image froide, nocturne et sans scrupule

Visuellement, le film conserve également quelque chose que j’aime énormément : cette image froide, nocturne, presque sale.

Le budget était modeste et Cameron a raconté qu’une bonne partie des extérieurs de nuit avait été tournée en exploitant directement les éclairages disponibles dans les rues. Au lieu de handicaper le film, cette contrainte lui donne une personnalité.

Los Angeles ressemble à un territoire hostile. Le Tech Noir porte d’ailleurs merveilleusement son nom : néons, fumée, obscurité, métal, rues presque désertes… Le futur n’a même pas encore commencé que le présent semble déjà malade.

Et puis il y a la musique de Brad Fiedel. Quelques notes métalliques suffisent. Pas besoin de cinquante violons pour comprendre que quelque chose arrive.

Boum. Boum-boum. Boum.

Si tu l’as entendu dans ta tête en lisant ça, on se comprend.

Un petit budget qui va engendrer un monstre

Ce qui est assez savoureux avec le recul, c’est que Terminator n’était pas encore l’énorme machine hollywoodienne que deviendra la franchise.

Le film coûte environ 6,4 millions de dollars et en rapporte environ 78 millions dans le monde. Autrement dit, la petite série B de science-fiction horrifique vient de mettre une sacrée patate de forain au box-office.

Et tout était déjà là : Skynet, Sarah Connor, Kyle Reese, John Connor sans même avoir besoin de le montrer, le voyage temporel, la guerre contre les machines, l’endosquelette et évidemment Schwarzenegger.

La suite fera plus gros, plus spectaculaire et, pour moi, encore meilleur. Mais sans cette première course-poursuite nocturne bricolée avec un budget relativement modeste, il n’y aurait tout simplement pas de saga Terminator.

Où regarder Terminator en France ?

Au moment où j’écris ces lignes, Terminator est disponible en streaming par abonnement sur Ciné+ OCS Amazon Channel en France. Il est également proposé à la location ou à l’achat notamment sur Canal VOD, Amazon Video, Apple TV Store, Rakuten TV et Pathé Home.

Comme toujours avec les catalogues de streaming, ça peut bouger plus vite qu’un T-800 qui vient de trouver Sarah Connor. Pense donc à vérifier la disponibilité au moment de ta lecture.


FAQ : Terminator (1984)

De quoi parle Terminator ?

Un cyborg assassin est envoyé depuis 2029 jusqu’en 1984 pour tuer Sarah Connor avant qu’elle ne donne naissance à John Connor, futur chef de la résistance humaine. Kyle Reese est envoyé à son tour dans le passé pour la protéger.

Qui a réalisé le premier Terminator ?

James Cameron réalise The Terminator, sorti aux États-Unis en octobre 1984 et en France en avril 1985.

Pourquoi Terminator ressemble-t-il à un film d’horreur ?

Parce que sa mécanique reprend beaucoup du slasher : une victime poursuivie par une menace presque impossible à arrêter. Le T-800 remplace simplement le tueur masqué par une machine infiltrée sous une apparence humaine.

Qui est Kyle Reese pour John Connor ?

Kyle est un soldat de la résistance et l’un des hommes de confiance de John. John l’envoie dans le passé protéger Sarah Connor. Kyle et Sarah tombent amoureux et Kyle devient ainsi le père de John, créant la fameuse boucle temporelle du film.

Le premier Terminator a-t-il bien marché au cinéma ?

Oui. Pour un budget estimé à environ 6,4 millions de dollars, le film a rapporté environ 78 millions de dollars dans le monde, ouvrant évidemment la voie à la franchise que l’on connaît aujourd’hui.


Verdict : Terminator m’a appris à avoir peur du futur

Ça fait longtemps que je n’ai pas revu ce premier Terminator. Assez longtemps pour avoir oublié quelques détails, mais manifestement pas assez pour oublier ce qu’il m’a fait ressentir.

Je me souviens des frissons. De cette machine implacable. Du sacrifice de Kyle Reese. De Sarah découvrant qu’elle porte désormais sur ses épaules quelque chose de beaucoup plus grand qu’elle. Et de cette sensation permanente que le futur arrive quoi qu’on fasse.

Oui, les effets pratiques ont parfois vieilli. Oui, Cameron fera techniquement beaucoup plus impressionnant sept ans plus tard. Mais les acteurs sont investis, la réalisation est maîtrisée, l’image reste froide et sans scrupule et Schwarzenegger possède déjà cette présence absolument inhumaine qui rend le personnage terrifiant.

Alors pour tous les traumatismes causés au jeune SuPr3m3, mais aussi pour tout ce que ce film pose avec trois bouts de métal, beaucoup de talent et une machine qui refuse obstinément de crever :

4,5/5.

Ma note4,5 / 5

Et toi, tu te souviens de ta première rencontre avec le T-800 ? Tu as découvert Terminator avant ou après Terminator 2 ? Parce que mine de rien, ça change énormément la façon dont on découvre Schwarzy.

À bientôt les Geekz, SuPr3m3

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