Salut les Geekz ! J’espère que vous allez bien ?
Aujourd’hui, on va parler catch, TNA et surtout Joe Alonzo. Mais avant ça, laissez-moi vous raconter comment ma poisse légendaire a encore choisi le meilleur moment possible pour venir me rappeler son existence.
Imaginez la scène.
Dans quelques minutes, je dois me connecter pour interviewer Joe Alonzo. Première interview internationale pour le Geekz Club, questions prêtes, matériel prêt, moi probablement un poil moins prêt, mais jusque-là tout va bien.
Et environ deux minutes avant le call, ma webcam décide de mourir.
Pas deux heures avant. Ça aurait été beaucoup trop simple.
Deux minutes.
Le petit moment de solitude où tu regardes ton écran en te demandant ce que tu as bien pu faire dans une vie antérieure pour mériter ça. Je vous passe le coup de stress, les jurons et la recherche d’une solution de secours pendant que l’horloge, elle, n’en a absolument rien à skier de mes problèmes techniques.
Ma poisse légendaire, quoi.
Finalement, système D, cadrage de secours légèrement éclaté au sol et nous voilà connectés.
J’ai environ quinze minutes avec Joe.
Bon. On n’est pas là pour coller des gomettes.
Une première question… et des notes qui partent déjà en vrille
Autant rentrer directement dans le vif du sujet. J’avais lu que la signature de Joe à la TNA était quelque peu passée sous les radars et je lui demande donc s’il estime que la compagnie l’a sous-estimé.
SuPr3m3 : Tu as clairement dit avoir eu le sentiment d’être négligé. Est-ce que tu penses que la TNA a déjà commis l’erreur de te sous-estimer ?
Joe Alonzo : « Me sous-estimer ? En quoi est-ce qu’ils me sous-estiment ? Je ne me sens pas négligé par la TNA. »
Ah. Bon. Mes notes sont fausses. Ça commence bien.
Je m’excuse, Joe comprend finalement ce que j’évoquais et précise : sa signature avait surtout été éclipsée par les annonces de Kiera Hogan et Avery Styles le même jour. Une fois le malentendu dissipé, il reconnaît finalement qu’il s’est peut-être effectivement senti un peu négligé.
Joe Alonzo : « Je crois que les gens se disaient : “Oh, Kiera Hogan, elle revient !” Génial. Rien de vraiment nouveau, hein ? “Oh, on a Avery Styles, le fils d’AJ Styles !” Qu’est-ce qu’on sait de lui à part qu’il est le fils d’AJ Styles ? »
Puis Joe revient sur sa propre carrière.
Joe Alonzo : « Tout au long de ma carrière, on m’a un peu négligé. Pourtant, c’est toujours moi qui réponds présent ou qui finis par arriver au sommet. Ça fait quatorze ans que je fais ça. »
Joe Alonzo : « Quand je dois donner tort aux gens, c’est là que je finis par fournir mon meilleur travail. Alors moi, j’adore ça. »
Ça y est. Cette fois, nous sommes lancés.
« Je serai champion du monde de la TNA »
Je lui demande alors ce que le public français qui va le découvrir à la TNA devrait absolument savoir sur Joe Alonzo. Sa première suggestion est plutôt simple : tapez son nom dans votre moteur de recherche, sur YouTube, Instagram, X, TikTok… mais surtout pas Snapchat.
Joe Alonzo : « Je me fiche de ce que ces gens savent. Tout ce que je sais, c’est que je suis le catcheur le plus stylé de la TNA et de tout le catch professionnel. Je suis le catcheur le plus professionnel de cette génération. Je suis Joe Alonzo. »
Et surtout :
« Sachez que je serai champion du monde de la TNA. Voilà ce que vous devez savoir. »
Voilà. Bonjour Joe.
Pas « j’espère avoir de belles opportunités ». Pas « je veux faire mes preuves ». Pas « on verra ce que l’avenir me réserve ».
Champion du monde de la TNA.
Je lui demande donc naturellement si c’est son objectif après Bound For Glory.
Joe Alonzo : « Ça devrait être l’objectif de tous. Si tu ne fais pas ça pour être le meilleur, pour être en tête d’affiche chaque soir, pour être champion du monde, pourquoi tu fais ça, bordel ? »
Joe Alonzo : « Je ne joue pas collectif. Je ne suis pas du genre : “Je suis déjà heureux d’être dans l’effectif.” Non. Moi, je suis ici pour devenir champion du monde. Et c’est ce que je vais faire. »
Ric Flair ? Seize règnes, donc seize défaites
C’est là que la conversation prend un détour assez savoureux par Ric Flair.
Joe Alonzo : « Ric Flair a été seize fois champion du monde. Sauf que ça veut aussi dire que Ric Flair a perdu le titre seize fois. Pas sûr qu’il y ait de quoi frimer. »
La solution Alonzo est donc beaucoup plus simple :
Joe Alonzo : « Je serai champion du monde poids lourds de la TNA. Une seule fois. Et quand je ne serai plus champion, ce ne sera pas parce que j’aurai perdu le titre. Ce sera parce que j’y renoncerai, parce que je serai vieux et que je n’aurai plus envie de catcher. »
« Je serai champion du monde de la TNA une seule fois, avec le plus long règne. »
Vous vouliez de l’ambition ? En voilà.
« Mes preuves ? À qui dois-je prouver quoi que ce soit ? »
Je lui demande ensuite quel membre du roster de la TNA il aimerait affronter pour faire ses preuves.
Mauvais choix de mots.
Joe Alonzo : « Mes preuves ? À qui dois-je prouver quoi que ce soit ? »
Most Dope.
Décidément, cette interview commence à ressembler à un match où je suis le seul à ne pas avoir compris que j’étais sur la carte.
Je tente de reformuler avec le classique « adversaire de rêve ». Joe n’est pas davantage convaincu.
Joe Alonzo : « Je veux des titres et de l’argent. Ce sont les deux choses que je veux. Et des produits dérivés aussi. Je veux des produits dérivés stylés. Et en vendre plus que tout le monde. »
Au moins, c’est clair.
Les Hardys, AJ Styles et « Average Styles »
C’est finalement par cette logique que Joe arrive aux Hardys. Pas parce que Matt ou Jeff auraient bercé son enfance. Parce qu’il les considère comme les plus grandes stars de la TNA à cet instant et qu’un match contre eux pourrait donc lui rapporter davantage.
Joe Alonzo : « Les gens aiment qui ? Qui est leur préféré en ce moment ? Certaines années, c’est Jeff le plus cool, d’autres années, c’est Matt. Donc celui qui a la cote sur le moment. »
Net, propre et sans bavure.
Je reviens ensuite sur Avery Styles et lui demande s’il accepterait de l’affronter.
Joe Alonzo : « Ça me plairait d’affronter le fils d’AJ Styles. J’espère que ça pourrait peut-être faire sortir AJ Styles de sa retraite. »
Quant à Avery… On finit par lui trouver un nouveau nom :
« Average Styles. » (oui je suis fautif, désolé Average euh Avery)
Bound For Glory, les cinq étoiles… et le Missile Dropkick
À ce stade, mon quart d’heure touche doucement à sa fin. J’ai survécu à la webcam morte, à mes notes foireuses et au Most Dope.
Je pense donc avoir une bonne dernière question.
Je demande à Joe ce qu’il envisage pour Bound For Glory. Une victoire épique ? Une victoire écrasante ? Un match cinq étoiles ?
Joe Alonzo : « Un match cinq étoiles ? »
Oui Joe. Un match cinq étoiles.
Joe Alonzo : « C’est quoi, un match cinq étoiles ? Tu es qui, toi, Dave Meltzer ? »
Et là… Missile Dropkick en pleine tronche.
Joe Alonzo : « Elle est gênante, ta question, mec. »
Merci Joe. Ça fait toujours plaisir.
Pour lui, le calcul est beaucoup plus simple. S’il est à Bound For Glory et que Joe Alonzo gagne, alors son match est réussi.
Joe Alonzo : « À mes yeux, ça, c’est directement un match qui vaut dix étoiles. »
Et juste pour être certain que le Missile Dropkick m’ait correctement atteint :
Joe Alonzo : « Oublie cette question à la con de fan de Dave Meltzer que tu viens de poser. Tu devrais couper ça au montage. Ne dis même pas que tu as posé cette question. »
Nope.
Désolé Joe. C’était beaucoup trop drôle pour finir sur le sol de la salle de montage.
« Pourquoi avez-vous mis autant de temps à faire signer Joe Alonzo ? »
Après avoir ramassé les quelques morceaux de dignité encore présents autour de mon bureau, je lui pose une dernière vraie question. S’il fallait retenir une seule chose de Joe Alonzo, laquelle ?
Sa réponse vise directement le président de la TNA, Carlos Silva.
« Pourquoi est-ce que vous avez mis autant de temps à faire signer Joe Alonzo ? »
Je lui réponds qu’il a le charisme, le talent sur le ring et qu’on verra bien jusqu’où tout ça l’aura emmené dans un an.
Erreur.
J’avais oublié une qualité absolument fondamentale.
Joe Alonzo : « Tu as oublié de dire que je suis extrêmement beau. »
Bretzel de merle.
« Tu es en France, c’est ça ? »
Nous arrivons enfin au bout. Je lui demande s’il veut ajouter quelque chose.
Une dernière phrase. La question toute simple qui ne peut normalement pas mal tourner.
Joe Alonzo : « Tu es en France, c’est ça ? »
Oui.
Et avec le recul, j’aurais probablement dû comprendre à cet instant précis que cette interview n’allait pas se terminer normalement.
Joe Alonzo : « Quand je viendrai en France… Garde bien ça dans l’interview. »
Joe s’adresse alors aux Françaises qui voudraient venir le voir et leur demande de se raser les aisselles et de mettre du déodorant, avant d’ajouter qu’il ne considère pas le fait de garder ses poils sous les bras comme une forme d’émancipation féministe.
Oui oui.
Nous étions partis de Bound For Glory et du championnat du monde de la TNA. Nous terminons sur les aisselles des Françaises.
Je vous avais prévenus que cette interview était foutraque.
Et surtout, Joe avait été extrêmement clair : « Garde bien ça dans l’interview. »
Bon bah… C’est fait, Joe.
Précision qui devrait aller de soi mais qu’Internet m’a appris à écrire quand même : ce sont les propos de Joe Alonzo, pas ceux du Geekz Club.
Quinze minutes avec Joe Alonzo
Quand le call se termine, ma webcam est toujours morte. Mon stress, lui, a largement eu le temps de reprendre vie.
Et moi, je viens de passer quinze minutes avec un mec qui m’a expliqué qu’il allait devenir champion du monde de la TNA, qu’il voulait les plus grosses affiches, les titres et l’argent, que Ric Flair avait surtout réussi à perdre seize fois son championnat, que ma question sur les matchs cinq étoiles était gênante et que j’avais oublié une information capitale :
Joe Alonzo est extrêmement beau.
Voilà. Comment tu veux conclure normalement après ça ?
Derrière le personnage, les provocations et les punchlines, il y a pourtant quelque chose qui ressort très clairement de notre échange : Joe Alonzo sait exactement ce qu’il veut.
Il ne parle pas de la TNA comme d’un aboutissement. Il en parle comme du terrain sur lequel il compte arriver au sommet.
Champion du monde. Main event. Argent. Titres. Et si possible quelques produits dérivés stylés au passage.
Est-ce qu’il réussira ? Je n’en sais rien.
Mais cette interview nous donne désormais quelque chose d’assez amusant : une trace.
Joe Alonzo nous a expliqué précisément ce qu’il comptait faire. À nous de ressortir cet article dans un an, deux ans ou cinq ans et de regarder jusqu’où il sera allé.
Et si un jour Joe Alonzo soulève effectivement le TNA World Championship… croyez-moi : je ressortirai cette interview.
Probablement avec une nouvelle webcam.
Un dernier mot pour Joe
Joe, si jamais tu tombes sur la traduction de cet article : merci d’avoir accordé ces quinze minutes au Geekz Club et surtout d’avoir joué le jeu sans langue de bois.
Pour le Most Dope et le Missile Dropkick…
On réglera ça au match retour.




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