Salut les Geekz !
Petit retour dans les archives du Geekz Club aujourd’hui avec un film dont je garde un souvenir assez particulier : Rottentail.
À l’époque de sa sortie, j’avais eu la chance de pouvoir découvrir tranquillement le film à la maison grâce à la production, qui me l’avait fourni afin que je puisse vous en parler. Et quelques années plus tard, en relisant ma critique originale, je me suis dit qu’elle méritait bien un petit coup de jeune.
Parce que sérieusement : Corin Nemec transformé en lapin psychopathe qui découpe joyeusement des gens, ça mérite bien qu’on en reparle.
Rottentail : c’est quoi ce bretzel de merle ?
Réalisé par Brian Skiba, Rottentail met notamment en scène Corin Nemec, Dominique Swain, William McNamara, Gianni Capaldi et Vincent De Paul.
Le concept tient en quelques mots : Peter Cotton est un chercheur spécialisé dans la fertilité qui travaille avec des lapins. Lorsqu’un spécimen mutant le mord, notre scientifique commence progressivement à se transformer en créature mi-homme, mi-lapin.
Et contrairement à Spider-Man, Peter Cotton ne va pas vraiment utiliser ses nouveaux pouvoirs pour aider mémé à traverser la rue.
Il devient Rottentail.
Le film adapte le roman graphique éponyme écrit par David C. Hayes et Kevin Moyers, illustré par Kurt Belcher. Et si le pitch vous paraît déjà complètement foutraque, rassurez-vous : le film ne va absolument pas essayer de vous convaincre du contraire.
Corin Nemec devient Peter Rottentail
La grosse force du film repose clairement sur Corin Nemec. L’éternel Parker Lewis semble s’amuser comme un gosse avec ce personnage et ça se ressent immédiatement à l’écran.
Il cabotine, grimace, menace, découpe et balance ses répliques avec exactement le degré de sérieux nécessaire pour qu’on comprenne que personne ici n’est venu chercher un Oscar.
Et c’est probablement ce que j’apprécie le plus dans Rottentail : le film ose être complètement con.
Il y a du gore, de la mad science, des personnages volontairement caricaturaux, des situations absurdes et un homme-lapin meurtrier. Brian Skiba sait parfaitement quel film il réalise et ne cherche jamais à transformer son lapin mutant en grande métaphore existentielle sur la condition humaine.
Merci Brian.
Hippity, Hoppity, Homicide !
En revoyant mon avis aujourd’hui, la comparaison qui me vient toujours immédiatement est celle des séries B horrifiques des années 80 et 90.
Rottentail possède ce côté artisanal, parfois bancal mais complètement décomplexé que j’adore. Le budget n’est évidemment pas celui d’une grosse production hollywoodienne et ça se voit parfois, mais le film utilise justement ses limitations pour construire son identité.
Les maquillages, les costumes, le gore et toute cette ambiance légèrement cradingue participent énormément au plaisir. Ce n’est pas parfait, ce n’est pas toujours subtil et certaines blagues utilisent probablement une tronçonneuse à la place d’un scalpel.
Mais c’est précisément pour ça que ça fonctionne sur moi.
Un petit parfum de Re-Animator, Braindead et Bad Taste
À l’époque, j’avais immédiatement pensé à Re-Animator, Braindead ou encore Bad Taste. Pas parce que Rottentail atteint nécessairement leur niveau, mais parce qu’il partage avec eux ce plaisir très particulier de faire du cinéma horrifique sans avoir peur de se salir les mains.
On peut rire d’un truc complètement débile avant de voir quelqu’un finir en morceaux quelques minutes plus tard. Le mauvais goût devient une composante du spectacle et personne ne cherche à s’excuser d’être là.
Ça me manque parfois dans l’horreur moderne. Tout n’a pas besoin d’être une grande réflexion traumatique sur le deuil avec un plan fixe de huit minutes sur une porte entrouverte.
Parfois, j’ai juste envie de voir Parker Lewis déguisé en lapin massacrer des gens.
On n’est pas là pour trier les lentilles.
Rottentail a ses défauts, évidemment
Il faut quand même savoir où vous mettez les pieds. Rottentail est une série B à petit budget et il en possède également les défauts : le rythme n’est pas toujours parfait, certains seconds rôles cabotinent sévèrement et l’humour peut être beaucoup trop appuyé si vous n’êtes pas réceptif à ce genre de délire.
La critique américaine avait d’ailleurs été assez dure avec le film lors de sa sortie. Et je peux comprendre pourquoi : si vous cherchez une comédie horrifique sophistiquée ou un film véritablement effrayant, vous risquez de regarder votre écran avec des yeux de merlan frit.
Mais personnellement, ce n’est absolument pas ce que j’étais venu chercher.
Mon avis sur Rottentail, quelques années plus tard
Quelques années après cette première critique, mon ressenti n’a finalement pas beaucoup changé : j’aime toujours autant ce que Rottentail essaie de faire.
Ce n’est pas une masterclass du cinéma horrifique. C’est un petit film bis, généreux, imparfait et complètement barré, porté par un Corin Nemec qui semble prendre un malin plaisir à tuer, découper et écraser tout ce qui passe à portée de ses grandes oreilles.
Et surtout, Rottentail me rend toujours nostalgique de cette époque où certaines séries B semblaient se demander « jusqu’où peut-on aller avec cette idée complètement débile ? » plutôt que « comment peut-on rendre ça suffisamment sérieux ? ».
C’est donc toujours un gros oui : du film d’horreur qui tache, qui ne se prend pas au sérieux et qui décrispe les zygomatiques.







