WrestleMania 42 : un show spectaculaire qui m’a laissé un goût d’inachevé
Salut les Geekz !
Avec WrestleMania, la WWE joue chaque année sa finale de Ligue des Champions. C’est LE week-end où elle sort l’artillerie lourde : des mois de rivalités arrivent à leur conclusion, les ceintures sont en jeu, les entrées coûtent probablement le PIB d’un petit pays et tout est fait pour nous rappeler qu’on regarde « The Grandest Stage of Them All ».
Et sur le papier, WrestleMania 42 avait largement de quoi me faire saliver.
Pourtant, une fois les deux soirées terminées, je suis resté avec un sentiment assez étrange.
J’avais initialement commencé cet article à chaud en parlant de « fiasco », de « purge » et quasiment d’accident industriel. Avec quelques mois de recul… ouais, SuPr3m3, pose cette chaise.
WrestleMania 42 n’était pas une purge.
Il y a eu de très bons matchs, des retours, quelques grosses surprises et surtout une deuxième soirée qui m’a beaucoup plus convaincu.
Mais il y a également eu des choix de booking qui m’ont laissé perplexe et cette sensation persistante que, compte tenu du roster et de la carte proposés, ce WrestleMania aurait pu être encore meilleur.
En bref
WrestleMania 42 restera pour moi comme une édition frustrante plutôt que mauvaise. Le talent dans le ring est indiscutable et plusieurs rencontres ont parfaitement rempli leur contrat. Mais entre une première soirée irrégulière, certains choix de booking discutables et une Night 2 nettement plus convaincante, j’ai souvent eu l’impression de voir un excellent WrestleMania essayer de sortir d’un WrestleMania simplement correct.
Du spectacle, des grosses patates, quelques « PATIN DE MERLE ! »… mais aussi plusieurs « Mais pourquoi vous avez fait ça ? » devant mon écran.
WrestleMania 42 : sur le papier, ça envoyait du très lourd
Regardez simplement les noms présents sur les deux soirées.
Cody Rhodes contre Randy Orton. Seth Rollins contre Gunther. AJ Lee contre Becky Lynch. Drew McIntyre contre Jacob Fatu. Brock Lesnar contre Oba Femi. Rhea Ripley contre Jade Cargill. Et évidemment CM Punk contre Roman Reigns.
Ajoutez à ça le retour de Paige, Liv Morgan contre Stephanie Vaquer, Finn Bálor contre Dominik Mysterio ou encore tout le joyeux bordel du titre Intercontinental…
Sur le papier : patin de merle.
Le problème, c’est justement qu’avec une telle carte, mes attentes étaient énormes.
Une première soirée beaucoup trop irrégulière
Mon principal problème avec WrestleMania 42 vient probablement de sa première soirée.
Pas parce qu’elle est mauvaise de bout en bout. Ce serait complètement faux.
On a notamment Jacob Fatu et Drew McIntyre qui peuvent joyeusement se foutre sur la tronche dans un Unsanctioned Match, AJ Lee et Becky Lynch pour le titre Intercontinental féminin, Gunther contre Seth Rollins ou encore Liv Morgan face à Stephanie Vaquer.
Il y a de la qualité.
Mais en tant que show complet, j’ai trouvé l’ensemble étonnamment irrégulier pour WrestleMania.
Certains passages m’ont complètement embarqué tandis que d’autres m’ont donné cette impression étrange d’attendre que WrestleMania commence réellement… alors que j’étais déjà en train de regarder WrestleMania.
Le retour de Paige : voilà le genre de surprise que j’aime
En revanche, s’il y a bien quelque chose que WrestleMania sait encore parfaitement faire, c’est créer un moment.
Et le retour de Paige en est un très bon exemple.
Associée à Brie Bella dans le Fatal 4-Way pour les titres féminins par équipe, son retour fait partie de ces séquences où la musique suffit à provoquer immédiatement une réaction.
C’est aussi pour ça qu’on regarde WrestleMania.
Pas uniquement pour savoir qui repart avec une ceinture, mais pour ces quelques secondes où notre cerveau de fan de catch revient quinze ans en arrière sans demander la permission.
Cody Rhodes contre Randy Orton : une histoire qui n’avait pas besoin d’en faire des tonnes
Et puis il y avait évidemment le main event de la première soirée : Cody Rhodes contre Randy Orton.
Sur le papier, difficile de demander une histoire beaucoup plus simple à raconter.
Le mentor. L’élève. Des années d’histoire commune. Le championnat WWE au milieu.
Personnellement, c’est exactement le genre d’affiche où je n’ai pas besoin de quinze artifices.
Mettez les deux mecs dans un ring, donnez-leur du temps et laissez-les raconter leur histoire.
Cody conserve finalement son titre et le match remplit son rôle, mais il symbolise assez bien le sentiment que j’ai eu pendant une partie de cette Night 1 : j’attendais constamment le petit quelque chose qui allait transformer un bon moment en grand moment de WrestleMania.
Et il n’est pas toujours arrivé.
Night 2 : ah, voilà le WrestleMania que j’attendais !
Et puis arrive la deuxième soirée.
Et là, changement d’ambiance.
Voilà.
C’est beaucoup plus proche du WrestleMania que j’étais venu chercher.
La carte me paraît mieux équilibrée, les moments forts s’enchaînent plus naturellement et surtout, j’ai beaucoup moins cette sensation de montagnes russes qualitatives ressentie la veille.
Brock Lesnar contre Oba Femi ouvre la soirée avec une opposition qui ressemble davantage à deux camions lancés à pleine vitesse qu’à un concours de catch technique.
Et parfois ?
C’est exactement ce qu’il faut.
Oba Femi face à Brock Lesnar : la passation ?
Faire battre Brock Lesnar par Oba Femi à WrestleMania est loin d’être anodin.
Le message envoyé est plutôt limpide : la WWE considère Femi comme quelqu’un capable de jouer très haut dans la carte.
Après sa défaite, Lesnar retire ses gants et ses bottes et les laisse dans le ring avant de rejoindre Paul Heyman.
Évidemment, difficile de voir cette image sans penser à une forme de passage de témoin ou de fin de chapitre.
Mais je préfère rester prudent : le catch nous a appris suffisamment de fois qu’un symbole très clair le dimanche peut être complètement réinterprété six mois plus tard.
En tant que moment de WrestleMania, en revanche ?
Ça fonctionne.
Oui, il y avait bien un Ladder Match… et quel bordel
Je rectifie ici un point qui avait semé un peu de confusion lors de la préparation de cet article : le match pour le titre Intercontinental était bien un Ladder Match lors de la carte finale de WrestleMania 42.
Penta défendait son titre contre Je’Von Evans, Dragon Lee, Rey Mysterio, Rusev et JD McDonagh.
Six hommes. Des échelles. Un titre suspendu au-dessus du ring.
Vous voyez probablement où ça va.
Au bordel.
Et dans ce cas précis, c’est un compliment.
Ce genre de stipulation est presque taillé sur mesure pour WrestleMania : pas besoin de réinventer la roue, mettez suffisamment de talents capables de faire des dingueries autour de quelques échelles et laissez mijoter.
Penta conserve finalement son championnat.
Rhea Ripley et Jade Cargill : de la viande, des patates et merci bonsoir
Il y a également des matchs dont l’intérêt peut être résumé très simplement.
Rhea Ripley contre Jade Cargill.
Deux catcheuses à la présence physique énorme. Une ceinture. WrestleMania.
Pas besoin de sortir un tableau Excel.
Rhea repart avec le championnat WWE féminin et la rencontre participe à cette impression générale d’une Night 2 beaucoup plus solide.
Roman Reigns contre CM Punk : là, on parle
Et on arrive au main event.
Roman Reigns contre CM Punk pour le World Heavyweight Championship.
Deux personnages gigantesques. Deux mecs capables de raconter énormément de choses simplement avec leur attitude. Une ceinture mondiale. Un main event de WrestleMania.
Voilà le genre de match où j’ai beaucoup moins envie qu’on me balance quinze artifices à la minute.
Je veux de la tension. Je veux avoir l’impression que chaque mouvement compte. Je veux gueuler devant mon écran quand arrive le moment que j’attends.
Et surtout, je veux oublier que quelqu’un a écrit le booking derrière.
Roman Reigns finit par battre CM Punk et repart avec le World Heavyweight Championship.
Et pour moi, cette rencontre termine WrestleMania 42 sur une note largement plus convaincante que celle sur laquelle la première soirée m’avait laissé.
Finalement, le problème n’était pas le niveau dans le ring
C’est probablement le constat qui ressort le plus lorsque je repense à WrestleMania 42.
Le roster est monstrueux.
Regardez simplement tous les noms que je viens de citer.
La WWE ne manque absolument pas de talents capables de produire des matchs mémorables.
Ce qui m’a frustré se trouve davantage dans le rythme global du week-end et dans certains choix de booking.
Par moments, j’ai eu cette impression que la WWE cherchait tellement LE moment WrestleMania qu’elle oubliait qu’un excellent match peut parfois devenir ce moment sans qu’on ait besoin de lui coller douze couches supplémentaires.
Un twist, c’est bien.
Une surprise, c’est génial.
Mais quand je commence à réfléchir davantage au booking qu’au match que je viens de regarder, c’est généralement qu’on m’a perdu quelque part.
Et quelques jours plus tard, la WWE sort la tronçonneuse
Comme si le week-end n’avait pas déjà suffisamment alimenté les discussions, une importante vague de départs intervient quelques jours après WrestleMania 42.
Aleister Black, Zelina Vega, Kairi Sane, Alex Shelley, Chris Sabin, Santos Escobar et plusieurs autres noms quittent la compagnie.
Mais le cas qui m’a probablement le plus surpris concerne les Wyatt Sicks.
Bo Dallas, Nikki Cross, Dexter Lumis, Joe Gacy et Erick Rowan sont tous concernés.
Et là, j’avoue que je reste perplexe.
Les Wyatt Sicks : surtout une impression de potentiel inexploité
Je ne vais pas prétendre que la WWE avait parfaitement géré les Wyatt Sicks.
Ce serait même probablement l’inverse.
Mais cette faction possédait quelque chose de suffisamment rare pour être souligné : une identité immédiatement reconnaissable.
Il y avait une ambiance, une mythologie et évidemment tout le poids de l’héritage de Bray Wyatt derrière.
C’était probablement très compliqué à exploiter correctement sans tomber dans la copie ou dans l’hommage permanent.
Mais justement : j’aurais aimé voir jusqu’où cette idée pouvait aller.
Voir l’expérience s’arrêter aussi brutalement me laisse moins en colère que dans mon premier article, mais toujours avec cette impression de potentiel inexploité.
Aleister Black et Zelina Vega : deux autres départs surprenants
Même sentiment pour Aleister Black et Zelina Vega.
Dans le cas d’Aleister, notamment, j’ai toujours trouvé qu’il possédait un mélange assez rare de présence, de crédibilité dans le ring et d’identité visuelle.
Ça ne signifie évidemment pas que la WWE avait l’obligation de construire son avenir autour de lui.
Mais en tant que spectateur, j’aurais aimé voir davantage.
Et c’est finalement le mot qui revient beaucoup dans cet article :
davantage.
Non, ces départs ne rendent pas WrestleMania 42 mauvais
C’est également là que je veux corriger quelque chose de mon premier jet.
J’avais quasiment fusionné les deux événements.
WrestleMania m’avait frustré. Les départs étaient arrivés quelques jours plus tard. J’étais encore à chaud et l’ensemble avait fini dans le même sac.
Avec du recul, ce n’est pas très juste.
Je peux ne pas comprendre certains départs.
Je peux ne pas aimer certains choix de booking.
Mais les départs intervenus après WrestleMania ne transforment pas rétroactivement les deux soirées en mauvais shows.
Et surtout, ils ne doivent pas effacer ce qui fonctionnait.
WrestleMania 42 : pas une purge, mais une occasion partiellement manquée
Alors, quelques mois plus tard, qu’est-ce que je retiens vraiment de WrestleMania 42 ?
Certainement pas le « fiasco magistral » que j’avais envie de décrire à chaud.
Le mot qui me vient aujourd’hui est beaucoup plus simple : frustration.
Parce que le talent était partout.
Parce que certains matchs ont réellement envoyé du bois.
Parce que la deuxième soirée m’a rappelé pourquoi WrestleMania reste WrestleMania.
Mais également parce que j’ai parfois eu l’impression qu’une décision de booking arrivait avec une chaise juste derrière chaque moment où j’étais prêt à me lever du canapé.
Est-ce le pire WrestleMania que j’ai vu ?
Non.
Est-ce le WrestleMania que j’espérais en voyant cette carte ?
Pas vraiment non plus.
Et finalement, c’est peut-être ça qui me frustre le plus : WrestleMania 42 m’a régulièrement montré ce qu’il aurait pu être.
Je continuerai évidemment à regarder la WWE. On n’est pas là pour trier les lentilles : si certains choix me font autant râler, c’est justement parce que j’aime le catch et que je sais ce que cette compagnie est capable de produire lorsqu’elle est au sommet de son art.
Et vous les Geekz, qu’avez-vous retenu de WrestleMania 42 ? Une déception ? Un bon WrestleMania malgré ses défauts ? Une Night 2 qui sauve largement le week-end ? Ou est-ce que je suis simplement devenu un vieux mark aigri ?
Venez me raconter ça dans les commentaires.
On se dit à bientôt pour un nouvel article,
SuPr3m3













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