Salut les Geekz, j’espère que vous allez bien ? Petite question : quand vous lâchez 70 euros pour un jeu vidéo, vous achetez quoi exactement ? Un jeu que vous pourrez ressortir dans dix ans, ou une permission de jouer jusqu’au jour où l’éditeur décidera de fermer les portes ? Voilà un débat qui me parle particulièrement, moi qui préfère ressusciter le vieux matériel plutôt que le jeter.
Power To The Players Act : que propose Ritchie Torres ?
Le 15 octobre 2026, le représentant américain Ritchie Torres a annoncé son intention de présenter le Power To The Players Act. L’objectif affiché : demander à la Federal Trade Commission (FTC) de définir des protections garantissant qu’un jeu vendu au consommateur reste réellement accessible, au lieu d’être une simple licence révocable.
Le projet défend notamment la possibilité de continuer à jouer après la fermeture des services d’un éditeur, avec des solutions hors ligne lorsque cela est techniquement possible. Les questions de transfert et de revente des jeux numériques sont également dans le viseur.
Point capital : au moment de cette rédaction, il s’agit d’une initiative annoncée, pas d’une loi adoptée. Les modalités précises et les obligations définitives restent à déterminer. Pas question de crier victoire trop tôt.
Le problème : des jeux payés plein tarif, puis rendus inutilisables
Le bureau du représentant cite NBA 2K25 comme exemple : un jeu vendu à prix fort, mais dont les serveurs doivent fermer le 31 décembre 2026. Une fois les infrastructures coupées, certaines expériences deviennent inaccessibles, parfois même lorsque le joueur ne souhaite jouer qu’en solo.
Le cas de The Crew, devenu injouable après l’arrêt de ses serveurs, a déjà cristallisé la colère des joueurs. Le mouvement Stop Killing Games a largement contribué à faire sortir cette question des forums pour l’amener sur le terrain politique.
Posséder un disque ne règle pas forcément tout
On pourrait croire que la solution consiste simplement à revenir aux boîtes physiques. Mais certains jeux sur disque exigent une connexion, un téléchargement massif ou une authentification en ligne. Le plastique sur l’étagère ne garantit donc pas que le jeu fonctionnera encore demain.
À l’inverse, un titre numérique distribué sans DRM, accompagné de ses fichiers d’installation, peut parfois être plus facile à préserver qu’un disque dépendant de serveurs disparus. Le vrai sujet, c’est l’autonomie du joueur face à l’infrastructure de l’éditeur.
Et les jeux exclusivement multijoueurs ?
Évidemment, tout n’est pas simple. Un MMO ne se transforme pas magiquement en jeu solo avec un bouton « hors ligne ». Faire fonctionner un serveur privé, documenter un protocole ou libérer des outils de conservation représente un travail technique et juridique.
La proposition soulève donc de vraies questions : qui paie cette transition ? Quelles exceptions seraient prévues ? Et comment distinguer un service en ligne d’un jeu vendu comme un produit durable ? C’est précisément pour cela qu’il faut attendre un texte détaillé avant de prétendre connaître toutes les conséquences.
Vieux, pas obsolète : préserver les jeux, c’est préserver notre culture
Je le répète souvent sur Geekz Club : un appareil déclaré obsolète peut encore rendre de fiers services. Pour les jeux vidéo, c’est la même logique. Les machines et les logiciels font partie d’une histoire culturelle. Les rendre volontairement inutilisables au bout de quelques années, ce n’est pas seulement frustrer des clients : c’est aussi fragiliser notre mémoire vidéoludique.
Alors oui, le Power To The Players Act est encore loin de changer nos bibliothèques Steam, Xbox ou PlayStation. Mais au moins, une question essentielle est posée publiquement : si l’on nous vend un jeu, pourquoi pourrait-on nous le retirer ?
Et vous, les Geekz ? Vous achetez encore des jeux physiques ? Vous privilégiez le sans-DRM ? Ou vous avez déjà perdu l’accès à un titre pourtant payé ?





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