Critique Pandorum (2009) : Mésestimé, mais tellement bon!
Cinéma

Critique Pandorum (2009) : Mésestimé, mais tellement bon!

⚡ En bref

Pandorum, c'est exactement le genre de film de SF que j'adore redécouvrir : sombre, crasseux, claustrophobe et absolument pas décidé à prendre le spectateur par la main. Deux hommes se réveillent d'hypersommeil sans savoir où ils sont, pourquoi ils sont là ni même depuis combien de temps ils dorment. À partir de là, Christian Alvart transforme son immense vaisseau en véritable maison hantée spatiale, avec Ben Foster en première ligne et Dennis Quaid qui cache manifestement quelques cartouches. 4/5 : un banger de SF horrifique imparfait, mais qui mérite largement mieux que l'oubli dans lequel il est tombé.

Salut les Geekz ! C’est SuPr3m3 encore une fois ! Aujourd’hui, on ressort une petite pépite de 2009 qui sent bon la ferraille, la sueur froide, les néons mourants et le vaisseau spatial dont le contrôle technique aurait dû être refusé depuis environ huit siècles : Pandorum.
Et autant vous prévenir immédiatement : j’adore ce film.
Parce que Pandorum appartient à cette catégorie de science-fiction qui ne cherche absolument pas à rendre l’espace confortable. Ici, pas de passerelle immaculée, pas de combinaison parfaitement repassée et encore moins de petite musique contemplative pendant qu’on regarde Saturne par le hublot.
C’est sombre. C’est sale. Ça grince. Ça transpire. Et dès les premières minutes, quelque chose vous hurle que ce voyage ne va pas particulièrement bien se passer.
Bref : bienvenue à bord de l’Elysium.

Se réveiller dans l’espace sans savoir pourquoi

Le point de départ de Pandorum est merveilleusement simple. Deux membres d’équipage, Bower et Payton, sortent de leurs capsules d’hypersommeil à bord d’un gigantesque vaisseau spatial.
Ils sont désorientés. Le bâtiment semble pratiquement abandonné. Une bonne partie des systèmes ne répond plus correctement et, léger détail qui pourrait éventuellement poser problème, ils ne se souviennent pratiquement de rien.
Qui sont-ils ? Quelle est leur mission ? Depuis combien de temps sont-ils là ? Où est le reste de l’équipage ? Et pourquoi ce putain de vaisseau donne-t-il l’impression que quelque chose rampe dans ses entrailles ?
Bower finit par s’enfoncer dans les coursives afin d’essayer de comprendre ce qui se passe tandis que Payton reste derrière et communique avec lui par radio.
À partir de là, je vais volontairement marcher sur des œufs.
Parce que Pandorum fait partie de ces films qu’il vaut mieux découvrir avec le moins d’informations possible.

Un immense vaisseau transformé en maison hantée

Ce que j’aime énormément dans Pandorum, c’est la manière dont Christian Alvart utilise l’Elysium.
Le vaisseau n’est pas simplement un décor.
C’est pratiquement un personnage.
Ses coursives sont étroites, son éclairage est malade, ses installations donnent l’impression d’avoir vécu beaucoup trop longtemps et l’architecture devient rapidement un gigantesque labyrinthe dont Bower ne connaît même plus le plan.
On sait qu’on est dans un bâtiment immense, mais le film réussit paradoxalement à donner une sensation permanente d’enfermement.
Vous êtes dans l’espace.
Vous pourriez théoriquement avoir des kilomètres de vaisseau autour de vous.
Et pourtant, vous manquez d’air.
C’est cette claustrophobie qui fait une énorme partie du boulot. Les conduits, les passages techniques, les portes qui refusent de s’ouvrir et les zones privées d’électricité transforment l’exploration en cauchemar industriel.
Et évidemment, Bower va rapidement comprendre qu’il n’est peut-être pas tout seul.

Critique Pandorum (2009)

Pandorum ne nous donne pratiquement aucune longueur d’avance

L’autre excellente idée du film consiste à nous mettre quasiment au même niveau que ses personnages.
Bower ne sait pas ce qui s’est passé.
Nous non plus.
Il retrouve progressivement des fragments d’informations et des souvenirs.
Nous aussi.
Chaque découverte permet donc de répondre à une question tout en ayant la délicatesse d’en ouvrir trois nouvelles.
Et c’est précisément ce qui m’accroche autant.
Pandorum aurait parfaitement pu commencer avec quinze minutes d’exposition pour nous expliquer la mission, la Terre, l’Elysium et pourquoi tout ce petit monde se retrouve dans l’espace. À la place, il nous balance dans le noir avec Bower et nous dit pratiquement : « Démerde-toi. »
Merci.
C’est exactement ce que je voulais.

Mais qu’est-ce que le Pandorum ?

Et puis il y a évidemment le titre.
Le pandorum n’est pas simplement un mot cool choisi parce qu’il sonnait bien sur une affiche. Dans l’univers du film, il désigne un trouble psychologique susceptible d’affecter les personnes confrontées à certaines conditions extrêmes liées aux voyages spatiaux prolongés.
Hallucinations, paranoïa, perte de repères…
Et quand votre histoire commence avec deux types incapables de se souvenir correctement de ce qu’ils foutent dans un vaisseau apparemment abandonné, autant dire que l’idée devient légèrement importante.
Le film peut alors jouer avec une question particulièrement efficace : est-ce que ce que nous voyons est réellement en train de se produire ?
Et surtout : à qui peut-on faire confiance lorsqu’on n’est même plus certain de pouvoir se faire confiance soi-même ?

Critique Pandorum (2009)

Ben Foster porte le cauchemar sur ses épaules

Et pour faire fonctionner tout ça, il fallait évidemment un acteur capable de nous faire croire qu’il était réellement en train de traverser l’enfer.
Ben Foster est parfait pour ça.
Le mec possède cette capacité à avoir l’air physiquement et mentalement au bord de la rupture sans jamais donner l’impression de jouer simplement au héros d’action.
Son Bower est perdu, terrifié, épuisé, mais il continue d’avancer parce qu’il comprend progressivement que rester tranquillement assis à attendre les secours ne constitue peut-être pas le meilleur plan de carrière.
Et surtout, il prend cher.
Pandorum n’est pas le genre de film où le héros traverse un vaisseau cauchemardesque en conservant sa coiffure et sa petite chemise parfaitement propre jusqu’au générique.
Bower rampe, court, transpire, tombe, se relève et donne constamment l’impression d’être à deux minutes d’une panne complète.
Cette dimension physique rend son parcours beaucoup plus crédible.

Dennis Quaid : reste là, surtout n’aie pas l’air suspect

De son côté, Dennis Quaid joue Payton et impose immédiatement une présence différente.
Là où Bower doit explorer physiquement le vaisseau, Payton reste beaucoup plus enfermé, avec la radio comme principal lien vers son équipier.
Et forcément, dans un film qui repose autant sur la mémoire, la paranoïa et les informations manquantes, vous commencez assez rapidement à regarder tout le monde de travers.
Payton compris.
Je n’irai évidemment pas plus loin.
Disons simplement que Dennis Quaid sait parfaitement utiliser cette position particulière et que le film exploite intelligemment le contraste entre les deux hommes.

Critique Pandorum (2009)

Antje Traue, Cung Le et les survivants de l’Elysium

Bower finit évidemment par croiser d’autres personnes au cours de son exploration et c’est là que Pandorum élargit progressivement son univers.
Antje Traue incarne Nadia tandis que Cung Le joue Manh, et leurs personnages permettent notamment au film de sortir du simple duo Bower/Payton sans casser cette sensation de danger permanent.
Encore une fois, je vais rester vague.
Parce que découvrir qui se trouve encore à bord, depuis combien de temps et surtout comment ces personnes ont survécu fait partie du plaisir.
Mais j’aime énormément le fait que chacun donne l’impression de s’être adapté différemment à cet environnement.
On n’a pas simplement cinq archétypes de survivants qui attendaient gentiment que le héros arrive pour commencer l’aventure.
Ce vaisseau a continué à vivre sans nous.
Et ça se sent.

Quand la SF rencontre franchement l’horreur

Pandorum n’est d’ailleurs pas seulement un thriller de science-fiction.
C’est réellement un film d’horreur spatial.
Il y a quelque chose d’Alien dans cette manière de transformer les entrailles d’un vaisseau en territoire hostile, mais le film possède une énergie beaucoup plus brutale et nerveuse.
Il pioche dans la SF, le survival, l’horreur, le huis clos et parfois presque le film de monstres sans donner l’impression de simplement cocher une liste de références.
Et surtout, il n’a pas peur de devenir sale.
Les décors transpirent l’humidité et la rouille. Les personnages ressemblent progressivement à des gens qui auraient désespérément besoin d’une douche. Les affrontements sont rapides, physiques et rarement confortables.
On est très loin de la SF aseptisée.
Et bordel que ça fait du bien.

Critique Pandorum (2009)

Une direction artistique qui a remarquablement bien vieilli

C’est probablement l’un des aspects qui me frappent le plus lorsque je reviens sur Pandorum aujourd’hui.
Le film date de 2009.
Et pourtant, son univers fonctionne toujours.
Pourquoi ? Parce que l’Elysium possède une vraie matérialité.
Les coursives donnent l’impression d’exister. Les machines semblent lourdes. Les portes sont épaisses. Les conduits sont trop petits. On ressent constamment le métal autour des personnages.
Ce n’est pas simplement une succession de grandes salles numériques avec trois hologrammes bleus flottant dans le vide pour nous rappeler que nous sommes dans le futur.
Le futur de Pandorum est mécanique.
Il peut rouiller.
Il peut casser.
Et surtout, il peut vous enfermer à l’intérieur.

Un film qui n’a pas peur d’être méchant avec ses personnages

Autre qualité que j’apprécie : Pandorum ne donne jamais réellement l’impression que ses personnages sont protégés par le scénario.
La situation est merdique et elle le reste.
Chaque solution entraîne un nouveau problème et le film conserve suffisamment de brutalité pour que les dangers rencontrés ne ressemblent jamais à de simples obstacles placés là en attendant le niveau suivant.
Il y a une urgence permanente.
Et malgré les différentes couches de mystère, Christian Alvart n’oublie jamais qu’il réalise également un divertissement.
Ça court. Ça se bat. Ça panique. Ça découvre des trucs qu’on aurait probablement préféré laisser derrière une porte verrouillée.
Net, propre et sans bavure.
Enfin…
Propre n’est probablement pas le mot idéal pour décrire ce vaisseau.

Et ce final…

Voilà la partie de l’article où je vais être particulièrement inutile.
Parce que j’aimerais énormément parler de la conclusion de Pandorum.
Mais je ne vais pas le faire.
Oh patin de merle, non.
Le film construit une bonne partie de son mystère autour de ce que les personnages ignorent et plusieurs informations finissent par remettre en perspective ce que nous avons vu jusque-là.
Vous expliquer précisément pourquoi j’aime autant son final reviendrait donc à vous voler une grosse partie du plaisir.
Retenez simplement ceci : ne cherchez rien avant de regarder le film.
Pas d’explication de fin.
Pas de vidéo YouTube avec une miniature « LA VÉRITÉ SUR PANDORUM 😱 ».
Pas de résumé Wikipédia lu en diagonale.
Lancez le film.
Et revenez ensuite.

Critique Pandorum (2009)

Pourquoi Pandorum est-il aussi peu reconnu ?

C’est finalement la question que je me pose à chaque fois que je reparle de ce film.
Pandorum n’est évidemment pas parfait. Il possède des influences très visibles, certains passages sont plus bourrins que subtils et sa manière de monter certaines séquences d’action sent parfois très fort la fin des années 2000.
Mais il possède aussi une vraie identité, un univers, une excellente ambiance et suffisamment d’idées pour que j’y repense encore des années plus tard.
Et pourtant, le film n’est jamais devenu la référence populaire qu’il aurait pu être.
La réception critique de l’époque n’a d’ailleurs pas été particulièrement tendre avec lui.
Et c’est précisément le genre de cas où je suis ravi d’avoir ma propre paire d’yeux.
Parce que si vous aimez la SF horrifique, les vaisseaux abandonnés, la paranoïa et les histoires qui ne vous donnent pas immédiatement toutes leurs réponses, passer à côté de Pandorum serait vraiment dommage.


FAQ : Pandorum

De quoi parle Pandorum ?

Pandorum suit Bower et Payton, deux membres d’équipage qui se réveillent d’hypersommeil à bord d’un immense vaisseau spatial sans véritable souvenir de leur identité ni de leur mission. Alors que Bower part explorer le bâtiment, les deux hommes découvrent progressivement que le vaisseau est loin d’être aussi vide qu’il le semblait.

Qui a réalisé Pandorum ?

Pandorum est réalisé par Christian Alvart sur un scénario de Travis Milloy. Le film est sorti en 2009 et mélange science-fiction, horreur, action et survival.

Qui joue dans Pandorum ?

Ben Foster interprète Bower et Dennis Quaid joue Payton. Le casting comprend également Antje Traue dans le rôle de Nadia, Cung Le dans celui de Manh et Cam Gigandet dans celui de Gallo.

Pandorum est-il un film d’horreur ?

Oui, même si le film mélange plusieurs genres. Pandorum utilise un univers de science-fiction spatiale mais emprunte énormément au survival et à l’horreur, notamment grâce à son ambiance claustrophobe, ses créatures, sa violence et la paranoïa entourant les personnages.

Faut-il connaître le twist de Pandorum avant de regarder le film ?

Surtout pas. Une partie du plaisir repose précisément sur le fait de découvrir les informations en même temps que les personnages. Moins vous en savez avant de lancer Pandorum, mieux c’est.


Verdict : 4/5 — un banger spatial à redécouvrir

Pandorum est exactement le genre de film pour lequel j’aime revenir fouiller dans les sorties d’il y a quinze ou vingt ans.
Il n’est pas parfait. Il ne révolutionne pas entièrement la science-fiction horrifique et ses influences sont parfois tellement visibles qu’elles pourraient porter un badge.
Mais bordel, il possède une gueule.
Il incarne bien le principe « de Charybde en Scylla« 
Christian Alvart transforme l’Elysium en cauchemar mécanique, Ben Foster se donne à fond, Dennis Quaid apporte exactement la dose de mystère nécessaire et le scénario réussit à maintenir suffisamment longtemps ses cartes contre lui pour que la découverte reste passionnante.
Ajoutez une bonne dose de claustrophobie, de paranoïa, de violence et un final dont je refuse toujours catégoriquement de vous parler, et vous obtenez une véritable petite pépite de SF horrifique.
4/5.
Si vous ne l’avez jamais vu : faites-moi confiance et partez-y le plus vierge possible.
Et si vous connaissez déjà Pandorum, dites-moi dans les commentaires si vous trouvez vous aussi que ce film mérite beaucoup plus de reconnaissance. Et surtout : PAS DE SPOILER sur le final pour les petits camarades.
À bientôt les Geekz !
SuPr3m3

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