Critique Popeye the Slayer Man (2025) : le marin tueur avait tout pour être un banger
Cinéma

Critique Popeye the Slayer Man (2025) : le marin tueur avait tout pour être un banger

⚡ En bref

Popeye the Slayer Man avait tout pour devenir un petit banger de série B : un concept débile comme on les aime, du gore pratique, des meurtres généreux et une vraie ambiance crasseuse. Malheureusement, le film se prend trop au sérieux, traîne parfois la patte et manque clairement de folie. Ça se regarde entre potes pour la boucherie artisanale, mais on reste avec la sensation qu'il pouvait faire beaucoup mieux.

Salut les Geekz ! J’espère que vous allez bien et que votre week-end s’est bien passé? Depuis que les vieilles légendes de notre enfance tombent les unes après les autres dans le domaine public, c’est un peu la fête du slip chez les producteurs fauchés. Après l’ourson jaune transformé en boucher de cambrousse, voilà qu’un marin borgne carburant aux conserves d’épinards débarque pour découper des ados en rondelles. Aujourd’hui, on passe sur le billard Popeye the Slayer Man (2025), réalisé par Robert Michael Ryan. Alors, véritable pépite de série B ou gros plantage foutraque qui mérite un aller simple au vestiaire ? On n’est pas là pour trier les lentilles, on décortique la bête sans filtre.

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Le pitch de départ ne va pas vous décrocher la mâchoire par son originalité : une bande de jeunes décide d’aller fouiner dans une ancienne conserverie d’épinards désaffectée pour y tourner un documentaire sur la légende urbaine du « Sailor Man ». Pas de bol pour leur espérance de vie, le marin n’a rien d’un mythe et ses bras disproportionnés ne servent visiblement pas uniquement à faire joli sur les docks.

In Popeye the Slayer Man, “a group of friends sneak into an abandoned spinach canning factory to film a documentary on the legend of the “Sailor Man,” who is said to haunt the factory.”

Cast

  • Sarah NicklinAdrienne
  • Scott SwopeAngus
  • Angela RelucioMargot
  • Steven McCormackJoey
  • Mabel ThomasKatie
  • Richard LounelloLex
  • Sean Michael ConwayDexter
  • Joel FrometaMiguel
  • Nathan TodaroDetective Caruso
  • Elena JulianoOlivia
  • Marie-Louise BoisnierLisa
  • Jeff ThomasSeth
  • Doug DeckerBernie
  • Jason Robert StephensThe Sailor Man
  • Paul KonyeTerry
  • Clayton TurnerJesse

Popeye the slayer man 2025
Il est pas venu pour les boulettes de viandes!

Du gore à l’ancienne et des hectolitres d’hémoglobine

Autant le dire d’emblée pour rendre justice au projet : Popeye the Slayer Man ne triche pas sur sa promesse de boucherie. Pour une production aux moyens limités, le film affiche une générosité craspec qui fait franchement plaisir. Pas d’effets numériques dégueulasses collés à la truelle en postproduction à chaque meurtre. Ici, l’équipe mise principalement sur le maquillage pratique, les prothèses et le bon vieux latex qui tâche.

Les exécutions retrouvent ce côté réjouissant du slasher à l’ancienne qui repeint le carrelage. Ça transperce à coups d’ancres rouillées, ça démembre à mains nues, ça empale et ça mutile sans détourner pudiquement la caméra au dernier moment. Si votre plaisir coupable consiste à regarder des jeunes pas toujours très futés se faire démonter le buffet par un tueur défiguré avec la pipe bien vissée au bec, le quota de barbaque est largement rempli. C’est frontal, sanglant et suffisamment artisanal pour avoir du charme. Net, propre et sans bavure. Enfin… façon de parler, parce qu’il y en a de la bavure.

Moins pire que la concurrence des contes massacrés

Quand on compare le métrage à certaines autres productions nées de la libération des droits de personnages cultes — suivez mon regard vers Winnie the Pooh: Blood and Honey ou l’autre déclinaison opportuniste Popeye’s Revenge — ce Slayer Man s’en sort plutôt dignement. La photographie évite au moins l’écueil du téléfilm amateur tartiné d’un filtre bleuâtre infâme, et certains plans dans les docks déserts ou les couloirs industriels arrivent même à installer une petite ambiance poisseuse qui fonctionne plutôt bien.

Pour l’amateur de nanars décomplexés qui se cale une séance pizza-bière un vendredi soir avec les potes, il y a donc matière à passer un moment correct sans avoir envie de jeter la télécommande contre le mur toutes les dix minutes. On sent derrière le film une équipe qui essaie sincèrement de tirer quelque chose de son concept et de ses moyens. Le problème, c’est que dès qu’on gratte un peu sous le vernis, les fissures commencent à apparaître.

Popeye the slayer man
Michel, repose cette clef à molette!

Un ton qui se prend trop au sérieux pour son propre bien

Et voilà mon premier vrai coup de massue : le film commet l’erreur fatale de jouer une bonne partie de son histoire au premier degré. Bretzel de merle, vous mettez en scène une version horrifique de Popeye qui bouffe des épinards en boîte avant de pulvériser des gens ! Rien que le concept hurle comédie horrifique grotesque, excessive et déjantée façon Troma ou Evil Dead 2. Il fallait prendre cette absurdité, lui mettre deux baffes et foncer dedans pied au plancher.

Sauf que Robert Michael Ryan préfère souvent chercher une atmosphère pesante et presque solennelle. Et c’est précisément là que le navire commence à prendre l’eau. Les dialogues dramatiques fonctionnent mal, les histoires de malédiction peinent à donner de l’épaisseur à l’ensemble et certaines tentatives d’émotion provoquent surtout un petit sourire gêné. Le film aurait gagné à rire davantage de lui-même et à transformer son concept complètement débile en véritable terrain de jeu. Quand ton tueur est Popeye version slasher, tu as déjà les clés d’un énorme bac à sable horrifique. Autant jouer dedans plutôt que d’essayer de nous convaincre que Michael Myers vient de débarquer à la conserverie.

Une écriture aux fraises et un mixage sonore qui tabasse les oreilles

Le casting ne vient malheureusement pas sauver le rafiot. Les prestations oscillent entre le très approximatif et la bonne vieille kermesse de fin d’année, tandis que les personnages prennent régulièrement des décisions qui feraient passer les victimes d’un Vendredi 13 pour des candidats à Mensa. Entre la copine qui s’isole dans un hangar sombre alors que tout indique qu’il faudrait prendre ses jambes à son cou et le caméraman qui continue tranquillement de cadrer pendant que son pote se fait décalquer, j’ai parfois eu envie de distribuer quelques Sweet Chin Music histoire de réveiller tout le monde.

Plus gênant encore, le rythme se casse sérieusement la gueule dans le deuxième tiers. Popeye disparaît parfois trop longtemps alors que c’est évidemment lui qu’on est venu voir. Et lorsqu’il revient, notre marin se déplace avec la vivacité d’un dimanche matin sans café. Ça pourrait fonctionner si la mise en scène compensait avec une vraie montée de tension, sauf que le film préfère régulièrement dégainer l’arme ultime du cinéma d’horreur paresseux : le gros bruit qui te fracasse les tympans.

Et là, patin de merle, préparez vos oreilles. Le mixage sonore semble parfois considérer que faire peur consiste simplement à multiplier le volume par trois sur une note de synthé stridente. Un truc bouge dans le cadre ? BOUM. Quelqu’un apparaît ? BOUM. Un chat passe probablement à proximité ? Re-BOUM. À petite dose, le jump scare auditif peut fonctionner. Quand il sert à remplacer la tension, ça devient rapidement pénible, surtout au casque.

Popeye the slayer man
Quoi ma gueule, qu’est ce qu’elle à ma gueule ?

Foire aux questions sur Popeye the Slayer Man

De quoi parle le film Popeye the Slayer Man ?

L’histoire suit un groupe d’amis et de vidéastes qui pénètrent dans une ancienne conserverie d’épinards abandonnée. Leur objectif est de réaliser un documentaire consacré à la légende urbaine d’un mystérieux « Sailor Man » qui hanterait les lieux. Évidemment, la légende possède beaucoup plus de muscles et beaucoup moins d’humour qu’ils ne l’imaginaient.

Qui réalise ce slasher et qui joue le rôle du tueur ?

Popeye the Slayer Man est réalisé par Robert Michael Ryan sur un scénario de John Doolan. Le marin tueur est incarné par Jason Robert Stephens, entouré notamment de Sean Michael Conway et Angela Relucio.

Le film fait-il partie de l’univers Twisted Childhood (Poohniverse) ?

Non. Même s’il exploite lui aussi la possibilité de détourner un personnage désormais disponible dans le domaine public, Popeye the Slayer Man reste une production indépendante distincte du « Twisted Childhood Universe » lancé autour de Winnie the Pooh: Blood and Honey.

Les effets gore valent-ils le détour pour les fans de cinéma d’horreur ?

C’est clairement l’un des points forts du film. La production privilégie les effets pratiques, le maquillage et les prothèses plutôt que de tout recouvrir avec des effets numériques bon marché. Compte tenu des moyens du projet, les meurtres et mutilations offrent un spectacle sanglant plutôt honnête aux amateurs de slashers craspec.

Où se situe le film par rapport aux autres adaptations horrifiques de Popeye ?

Face à d’autres productions à petit budget comme Popeye’s Revenge, Popeye the Slayer Man profite notamment d’une réalisation visuellement plus convaincante et d’effets gore qui font le boulot. Il reste malheureusement plombé par ses longueurs, son interprétation inégale et surtout son incapacité à embrasser complètement la folie de son concept.


Le verdict du Geekz Club : on valide ou au vestiaire ?

Popeye the Slayer Man se retrouve finalement le cul entre deux chaises. D’un côté, on a une petite série B qui connaît les attentes de son public lorsqu’il s’agit de sortir les prothèses et de repeindre les murs. De l’autre, le film semble presque avoir peur d’aller au bout de son idée la plus évidente : transformer Popeye en énorme attraction horrifique complètement barrée.

Et c’est dommage, parce qu’il y avait matière à faire beaucoup plus couillu. Avec davantage d’autodérision, un rythme plus nerveux et des personnages un peu moins écrits avec les pieds, ce marin psychopathe aurait pu devenir une vraie petite surprise du cinéma d’horreur indépendant. En l’état, ça se regarde, ça charcute correctement et quelques mises à mort font leur petit effet, mais je doute que vous repensiez encore au film trois jours plus tard.

Si vous aimez les slashers fauchés, les maquillages artisanaux et les meurtres bien baveux, vous pouvez quand même tenter l’expérience entre potes. Pour une soirée pizza-bière sans grandes prétentions, ça fait le taf. Si vous cherchez un vrai bon film d’angoisse, une tension qui vous colle au siège ou des personnages auxquels vous allez vous attacher, vous pouvez directement laisser Popeye finir ses épinards tout seul.

Et vous les Geekz, vous en pensez quoi de cette mode qui consiste à transformer les héros de notre enfance en psychopathes dès qu’ils tombent dans le domaine public ? Bonne excuse pour sortir des petits slashers complètement barrés ou filon opportuniste qu’on est déjà en train de presser jusqu’à la dernière goutte ? Balancez-moi vos avis dans les commentaires !

Ma note2,5 / 5

Popeye the Slayer Man avait tout pour devenir un petit banger de série B : un concept débile comme on les aime, du gore pratique, des meurtres généreux et une vraie ambiance crasseuse. Malheureusement, le film se prend trop au sérieux, traîne parfois la patte et manque clairement de folie. Ça se regarde entre potes pour la boucherie artisanale, mais on reste avec la sensation qu'il pouvait faire beaucoup mieux.

On se dit à bientôt pour un nouvel article! SuPr3m3

La bande annonce du film est disponible ici | Regarder Popeye the slayer man sur Prime vidéo

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