Evanouis (Weapons) de 2025 : Est-ce un BANGER d’horreur ou juste du blabla ?

Evanouis (Weapons) de 2025 : Est-ce un BANGER d’horreur ou juste du blabla ?

⚡ En bref

Évanouis (Weapons) n'est pas le film d'horreur qui vous balance un jumpscare toutes les trois minutes pour vérifier que vous êtes toujours réveillé. Zach Cregger prend son temps, découpe son histoire entre plusieurs personnages et laisse progressivement les pièces d'un puzzle particulièrement malsain se mettre en place. Le résultat ? Une ambiance poisseuse, une tension qui ne vous lâche pratiquement jamais et cette sensation permanente que quelque chose cloche sans réussir immédiatement à mettre le doigt dessus. Un très solide 4,5/5 et clairement l'un des films d'horreur qui m'ont le plus marqué en 2025.

Salut les Geekz ! J’espère que vous allez bien et que vous ne vous êtes pas réveillés à 2h174 cette nuit? Aujourd’hui, on va parler d’un film qui m’a rappelé pourquoi j’aime autant l’horreur lorsqu’elle décide de faire autre chose que de nous balancer un jumpscare toutes les trois minutes : Évanouis, ou Weapons en VO.
Le principe de départ est aussi simple qu’il est terriblement efficace : une nuit, à exactement 2 h 17, tous les enfants d’une même classe se lèvent, quittent leur maison et disparaissent. Tous sauf un.
Voilà.
Avec ça, Zach Cregger aurait parfaitement pu nous fabriquer un film d’horreur relativement classique. Une disparition mystérieuse, quelques phénomènes étranges, trois portes qui claquent et BAM ! TU ES MORT ! Merci d’être venus, rendez-vous au prochain Conjuring.
Sauf qu’Évanouis n’en a absolument rien à carrer de la facilité.
Et si vous avez lu ma critique de Jusqu’en enfer, vous savez déjà à quel point j’aime les films capables de construire une véritable ambiance. Ici, oubliez le train fantôme : on entre dans un marathon anxiogène qui préfère vous laisser mariner dans l’inconfort plutôt que de vous hurler au visage toutes les cinq minutes.

Evanouis (2025) - Weapons

Une disparition et beaucoup trop de questions

Imaginez simplement la situation. Des enfants disparaissent tous au même moment, en pleine nuit, sans explication apparente. Un seul élève de la classe reste derrière.
Que s’est-il passé ? Pourquoi eux ? Pourquoi cette classe ? Pourquoi à 2 h 17 ? Pourquoi cet enfant-là n’a-t-il pas disparu avec les autres ? Et surtout : où sont-ils passés ?
Évanouis comprend immédiatement que son idée est suffisamment forte pour ne pas avoir besoin de nous donner les réponses dans les dix premières minutes. Au contraire, le film commence à nous distribuer des informations au compte-gouttes.
Et c’est là qu’arrive ce qui constitue probablement sa plus grande force : sa narration.

Un puzzle narratif qui te dézingue la cervelle

Plutôt que de suivre un seul personnage du début à la fin, Évanouis découpe son histoire en plusieurs points de vue. Les mêmes événements peuvent prendre une signification différente suivant la personne que nous accompagnons et chaque nouvelle perspective ajoute une pièce supplémentaire au puzzle.
C’est un procédé qui m’a rappelé Angles d’attaque, évidemment dans un registre complètement différent. Le plaisir vient moins de la répétition des événements que de la façon dont notre compréhension évolue lorsque le film nous donne enfin accès à une information qui nous manquait.
Vous pensez avoir compris quelque chose, puis le point de vue change. Un détail auparavant insignifiant prend soudainement de l’importance. Une situation que vous pensiez parfaitement claire devient beaucoup plus ambiguë.
Et régulièrement, mon cerveau faisait simplement : « Non, non… attends deux secondes. »
Ce qui est particulièrement malin, c’est que Zach Cregger ne transforme pas pour autant son film en exercice de style incompréhensible. La structure est ambitieuse, mais on n’a pas besoin d’un tableau blanc, de trois feutres et d’une licence en physique quantique pour comprendre ce qui se passe.
Chaque changement de perspective sert l’histoire.

Evanouis (2025) - Weapons

Une horreur qui sait prendre son temps

Si vous cherchez exclusivement du gore et des jumpscares, Évanouis risque de vous demander un petit temps d’adaptation. Le film possède évidemment ses moments de violence et ses séquences beaucoup plus frontales, mais ce n’est pas là que se trouve l’essentiel de son efficacité.
Sa véritable arme, c’est l’attente.
Zach Cregger laisse les situations s’installer. Il laisse les personnages entrer dans une pièce. Il laisse parfois le cadre respirer suffisamment longtemps pour que vous commenciez vous-même à chercher ce qui pourrait bien déconner quelque part dans l’image.
Et forcément, plus rien ne se passe, plus vous êtes persuadé que quelque chose va se passer.
C’est vicieux.
Le film monte ainsi progressivement en puissance, un peu comme un modem 56k qui essayait autrefois de se connecter à Internet : ça prend son temps, ça fait des trucs incompréhensibles et vous restez planté devant en attendant que quelque chose finisse par arriver.
Sauf qu’ici, quand la connexion est enfin établie, vous auriez peut-être préféré rester hors ligne.

Cette putain d’ambiance poisseuse

C’est probablement ce que je retiens le plus du film avec sa narration : son ambiance.
Il y a quelque chose de profondément inconfortable dans Évanouis. Pas simplement parce que des enfants ont disparu, mais parce que tout le monde semble vivre avec une partie différente du traumatisme et que le film nous empêche volontairement d’avoir une vision complète de la situation.
Les maisons, l’école, les rues et les différents lieux du quotidien ne ressemblent pas nécessairement aux décors gothiques traditionnels du cinéma d’horreur. Pourtant, une menace semble pouvoir surgir de n’importe où.
C’est exactement le type d’horreur que j’adore : celle qui transforme quelque chose de banal en endroit où vous n’avez soudainement plus très envie de rester seul.
Et surtout, le film ne détruit pas cette atmosphère en essayant constamment de nous faire sursauter.
Il laisse la paranoïa faire une partie du boulot.

Des personnages imparfaits plutôt que de simples victimes

La narration éclatée permet également au film de faire quelque chose d’important : les personnages existent autrement que comme des morceaux de viande attendant leur tour dans la file d’attente du tueur.
Julia Garner et Josh Brolin occupent évidemment une place importante dans l’histoire, mais Évanouis possède surtout un casting choral où chacun nous permet d’observer les disparitions sous un angle différent.
Et personne ne possède immédiatement toutes les réponses.
C’est important parce que le film joue énormément avec notre perception. Qui croire ? Qui sait réellement quelque chose ? Qui interprète simplement les événements à travers sa propre peur, sa colère ou sa culpabilité ?
La narration ne nous demande pas seulement de découvrir ce qui est arrivé aux enfants. Elle nous oblige aussi à comprendre progressivement ceux qui sont restés.
Et forcément, je vais m’arrêter là.
Parce qu’à partir d’un certain point, parler précisément de certains personnages revient à commencer à démonter la mécanique du film devant vous. Et Évanouis mérite vraiment d’être découvert avec le moins d’informations possible.

Evanouis (2025) - Weapons

Plus le film avance, moins je peux vous en parler

C’est d’ailleurs assez frustrant d’écrire une critique spoiler free d’Évanouis.
Parce qu’il existe un moment où toutes ces petites choses accumulées commencent progressivement à trouver leur place. Des comportements prennent un autre sens, certaines scènes deviennent beaucoup plus importantes qu’elles ne semblaient l’être et le film commence enfin à montrer ce qu’il cachait depuis le départ.
Et bordel, j’aimerais vous en parler.
Mais non.
Vous allez devoir subir ça comme moi.
Disons simplement que le film sait parfaitement pourquoi il a pris autant de temps à disposer ses pièces sur l’échiquier. Et lorsqu’il décide enfin de les faire bouger, la patience demandée pendant la première partie devient largement récompensée.

Évanouis n’est pas Barbarian 2, et tant mieux

Difficile évidemment de parler de Zach Cregger sans évoquer Barbarian. Weapons est son deuxième long métrage solo comme scénariste-réalisateur et on retrouve cette volonté de jouer avec les attentes du spectateur.
Mais je trouve justement intéressant qu’il ne cherche pas simplement à refaire le même film avec un budget plus important.
Évanouis possède sa propre structure, sa propre ambiance et surtout une manière différente de gérer ses révélations. On retrouve cette envie de prendre le spectateur par la main avant de lui retirer brutalement la carte, mais le voyage n’est pas le même.
Et ça, pour moi, c’est beaucoup plus intéressant que de fabriquer un Barbarian 2 qui ne porterait simplement pas le même nom.

Est-ce vraiment un banger d’horreur ?

Oui.
Mais probablement pas pour les raisons auxquelles on pourrait s’attendre.
Évanouis ne m’a pas marqué parce qu’il possède le plus gros body count de l’année, parce qu’il invente le jumpscare ultime ou parce qu’il repeint les murs avec quinze litres d’hémoglobine toutes les dix minutes.
Il m’a marqué parce qu’il possède une idée forte et qu’il accepte de prendre son temps pour l’exploiter.
Sa structure en différents points de vue aurait facilement pu devenir un gimmick. Elle devient au contraire l’un de ses principaux outils pour construire le mystère et nous faire constamment réévaluer ce que nous pensions savoir.
Et derrière cette mécanique, il y a cette ambiance poisseuse qui reste accrochée longtemps après le générique.
C’est exactement ce que j’attends d’un bon thriller horrifique.

Evanouis (2025) - Weapons


FAQ : Évanouis (Weapons)

De quoi parle Évanouis (Weapons) ?

Le film part de la disparition mystérieuse de presque tous les enfants d’une même classe. À 2 h 17 du matin, ils quittent simultanément leur domicile et disparaissent, laissant derrière eux leurs familles et un seul camarade de classe. Le film explore progressivement ce mystère à travers plusieurs personnages.

Qui a réalisé Weapons ?

Weapons est écrit et réalisé par Zach Cregger, qui avait précédemment réalisé Barbarian. Le film est produit notamment par Roy Lee, Miri Yoon, J.D. Lifshitz et Raphael Margules.

Qui joue dans Évanouis ?

Le casting réunit notamment Julia Garner, Josh Brolin, Alden Ehrenreich, Austin Abrams, Cary Christopher, Benedict Wong et Amy Madigan.

Weapons est-il très gore ?

Évanouis possède des passages violents, mais son efficacité ne repose pas principalement sur le gore. Le film privilégie énormément le mystère, l’atmosphère et la montée progressive de la tension. Si vous cherchez uniquement un festival de tripes, ce n’est pas vraiment la proposition.

Faut-il avoir vu Barbarian avant Weapons ?

Non. Les deux films sont indépendants. Barbarian permet simplement de découvrir le précédent travail de Zach Cregger comme scénariste-réalisateur, mais vous n’avez absolument pas besoin de l’avoir vu pour comprendre Évanouis.


Verdict :
Ma note4,5 / 5
— oui, c’est un banger

On ne va pas se mentir : j’étais venu chercher un bon thriller horrifique et Zach Cregger m’a donné exactement le genre de film que j’adore disséquer après le générique.
Une idée de départ terriblement simple, plusieurs points de vue, des personnages imparfaits, une ambiance qui colle à la peau et suffisamment de confiance dans son spectateur pour ne pas lui expliquer toutes les cinq minutes pourquoi il devrait avoir peur.
Tout n’est pas basé sur le prochain « BAM ! TU ES MORT ! ». La tension vient surtout de ce que l’on sait, de ce que l’on croit savoir et surtout de tout ce qu’il nous manque encore pour comprendre ce bordel.
Évanouis décroche donc un très solide 4,5/5. Pas parce qu’il réinvente intégralement le cinéma d’horreur, mais parce qu’il maîtrise suffisamment bien sa narration et son ambiance pour transformer une histoire de disparitions en véritable piège à spectateur.
Et maintenant, à vous : est-ce que cette narration en plusieurs points de vue vous a autant embarqués que moi ? Et surtout, quel personnage vous a le plus marqué ? Balancez-moi tout ça dans les commentaires — en évitant évidemment de ruiner les révélations pour ceux qui n’ont pas encore vu le film.
À bientôt les Geekz !
SuPr3m3

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